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contrechamp / ACTUALITÉS

L’irresponsabilité, ce privilège des islamistes

Doit-on en conclure que jusqu’en 1997, il n’y a pas eu de fous à Sétif ? Aïn El-Fouara, qui trône au milieu de la ville depuis 1898, ne s’est jamais attiré la violence des Sétifiens avant ce 22 avril 1997 où des terroristes déposèrent une bombe artisanale au pied de la sculpture centenaire.
Depuis, ces destructeurs et leurs commanditaires ont été déclarés “égarés” avant de bénéficier, pour ceux qui ont survécu à leur entreprise criminelle, du statut de citoyens non justiciables. Grâce à une loi supposée avoir “apporté la paix”… Pour les anciens terroristes peut-être, mais pas pour la malheureuse dame de ciment.  En 2006, un autre illuminé, non identifié celui-ci, s’est attaqué à l’œuvre à l’aide d’un marteau, déjà.
Les plus grands dommages causés au monument sont le fait d’un malabar en kamis qui s’y est attaqué en décembre 2017. Alors que le démolisseur assumait sa motivation religieuse jusque dans sa tenue, la sûreté de wilaya s’empressa d’annoncer sa “déficience mentale”. Cette fois-ci, c’est le ministre de la Culture qui vole au secours de l’agresseur. Il n’a pas mis vingt-quatre heures pour établir que l’agresseur est “un repris de justice déficient mental”. Comment un déficient mental a-t-il pu se constituer un casier judiciaire ? Ou bien, après de précédents méfaits pour lesquels on l’a jugé responsable, est-il devenu fou juste pour la circonstance ? Juste le temps de défigurer Aïn El-Fouara sans que cela apparaisse comme un “crime de conviction” ?… La logique de “réconciliation nationale” — tout pour faire accroire la thèse absurde selon laquelle les islamistes peuvent être des pacifistes — ne recule devant rien, surtout quand il s’agit d’accommoder les faits à son bénéfice. Il y en a même qui ont accablé la statue de quelque passif mémoriel qui lui attirait la rancune nationaliste. Quand il s’est agi d’accaparer des villas et appartements coloniaux, on n’a éprouvé aucune allergie à ces monumentales empreintes de l’occupation, ni à Sétif ni ailleurs… Et puis il y a eu d’autres opportunités historiques à exploiter si les Sétifiens devaient confondre une œuvre d’art et un fait de guerre : il y a eu Mai 1945, Novembre 1954 et les huit années qui suivirent…
À Alger, et certainement dans toutes les villes à patrimoine architectural colonial, les Algériens n’ont rien détruit, ni à l’indépendance ni plus tard. Sauf par mauvaise gestion. Mais l’islamisme est survenu, par nature destructeur de symboles de liberté et de beauté. Et rien ne lui est plus insupportable que la liberté et la beauté de la femme. Alors, des milliers de statuettes, en bronze le plus souvent, ornant les entrées d’immeubles, ont été vandalisées, sous le regard soumis de propriétaires terrorisés.
Les islamistes n’ont pas de problème avec le colonialisme, même s’ils instrumentalisent parfois la mémoire populaire. C’est avec le corps de la femme qu’ils ont un grave problème. Prioritairement conçu comme objet de fornication, il n’a de présence légitime que dans les lieux intimes. Là où il est possédé. Qu’il soit vivant ou figuré, il n’a pas à parader ou à trôner, sans laisse sans cache, dans les lieux publics. Ni à Sétif ni à Cologne.
Dans tout fascisme, il y a une dimension pathologique, mais si elle devait servir à l’innocenter de son crime…

M. H.


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