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contrechamp / ACTUALITÉS

Logement et pouvoir providentiel

C’est donc à un cadeau divin que cinquante mille familles algériennes ont eu droit en cette nuit du destin.
Le Président n’a pas fait que nous épargner l’épreuve que le gouvernement a failli nous infliger à travers des hausses de droits de timbre sur les documents biométriques initialement  inscrites dans le projet de LFC 2018 ; il a aussi augmenté le budget de l’habitat et fait encore  distribuer des logis, hier, en la nuit du destin.
L’État a bien participé de manière significative, intégrale pour certaines formules, au financement de ces appartements. Et il est de pratique courante, même dans les démocraties, que les pouvoirs essaient de tirer un profit politique de leurs actions sociales. Chez nous, ces opérations administratives de relogement et d’attribution de logements ont, depuis longtemps, pris l’allure d’actions de bienfaisance d’un régime qui ne se gêne pas d’autocélébrer sa générosité en ces occasions. Pourtant, l’État n’est pas une institution caritative privée ; c’est une entité nationale publique qui mène une politique sociale, remarquable dans le cas du logement. Mais, pour ce faire, le gouvernement prend l’argent dans le budget de la nation.
Si le pouvoir a un mérite à revendiquer, c’est dans ses choix de dépenses, dans ses choix d’allocations de ressources qui, de toute façon, appartiennent à la communauté et sont là pour être utilisées. Il peut même faire valoir le fait d’appliquer le principe d’“État social”, gage de fidélité aux idéaux des initiateurs de la guerre de Libération. Mais faire ainsi coïncider une opération de politique
publique avec “leïlat el kadr” est révélateur d’une arrière-pensée manipulatoire de cette connotation providentielle que les croyants rattachent à cette nuit
du miracle.
En ce sens, la démarche n’a rien à envier aux méthodes du FIS lorsqu’en 1990, ses APC dressaient les listes d’attributaires de lots à bâtir, entre “fidèles”, dans les mosquées. Il s’agit, ici comme là-bas, d’un cas d’exploitation politique de la foi d’attributaires.
Comme si cela ne suffisait pas que la partie de la société la plus faible économiquement soit livrée à l’activisme “caritatif” islamiste, il fallait que l’État s’y mette aussi. N’est-ce pas que la légitimité religieuse a pris le pas sur le respect de la loi de sorte, par exemple, que le marché informel et la contrebande, synonymes d’évasion fiscale, prospèrent parce qu’ils sont dirigés par des fraudeurs en barbe et kamis ?
Si un garnement a osé intimider une joggeuse et voulu la renvoyer à sa cuisine, c’est parce qu’il savait que le policier auquel elle pouvait se plaindre aura la même attitude que lui ! Car le pouvoir s’efforce de confisquer la gestion du religieux aux intégristes, non pas pour la restituer aux croyants, mais pour s’en emparer et en user comme d’un instrument de propagande et de répression. Par son discours empreint de bigoterie et par ses interventions sociales surchargées de messages de dévotion, il montre qu’il cède à la tentation populiste et totalitaire de l’État religieux. Parti pour réfréner l’ardeur des forces obscurantistes, l’État se retrouve à entrer en concurrence avec eux autour du monopole de l’usage politique de la religion.
Les possibilités racoleuses qu’offre la manipulation de la foi ont encore plus d’attrait en temps de campagne.


M. H.

 


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1 réactions
Fraternity le 12/06/2018 à 13h18

Le pouvoir de Tab Jnanou a des suites dans les idées; Après avoir écarter toute opposition politique et citoyenne, il s'est arrogé le fait religieux en sa faveur: En témoignent les mosquées qui poussent comme des champignons,les pratiques instruites par le pouvoir (des prières pour faire tomber la pluie, des prêches pour aller voter, l'abstention étant un acte illicite, des Roquias pour soigner les malades, des fetwas pour blanchir les corrompus et de leur donner une virginité politique).

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