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contrechamp / ACTUALITÉS

Lutte sociale et démocratie

Eh bien, voilà, c’est fait. Ouyahia a fini par intervenir dans la crise sociale que vivent les secteurs de la santé et de l’éducation nationale. Et en guise d’intervention, ce sont des commentaires teintés de menaces qu’il a émis à l’endroit des médecins et enseignants en grève. Une claire condamnation du mouvement à travers lequel il perçoit l’avènement d’un état d’“anarchie”. C’est-à-dire le contraire de l’ordre.
La réaction est caractéristique de l’autoritarisme régnant. Le contenu revendicatif et sa légitimité sont relégués au statut des questions secondaires ; seul est retenu l’affront d’une action collective résolue et soutenue. Or, toute expression publique autonome est suspectée de vouloir perturber la “stabilité” du pouvoir. Surtout au moment où celui-ci s’apprête à organiser la prorogation de son emprise.
Pour Ouyahia, les contestations sociales en cours sont donc des “manœuvres (…) liées aux échéances politiques de l’année prochaine. Elles vont donc se poursuivre et le pays aura besoin de forces à même de s’opposer à ces manœuvres. Le RND compte s’engager dans cette résistance”. Un peu comme si le régime avait manœuvré pour se maintenir pendant deux décennies en dépit du principe démocratique cardinal d’alternance et en dépit de la dégradation de l’état de santé du Président. Et comme si celui-ci n’était pas lui-même en train de manœuvrer pour proroger le statu quo.
Justement, si on craint tant pour “la bonne marche” de l’élection présidentielle, c’est parce que le leadership de Bouteflika constitue le principal argument de légitimation du régime. Et en cette année charnière où il s’apprête à reconduire pour la cinquième fois le même président, dans les conditions politiques économiques et psychologiques que l’on sait, il est naturel que le régime s’inquiète et s’irrite.
Ce que la contestation a d’inquiétant pour un statu quo, c’est qu’elle est communicative et contagieuse : elle peut passer d’une catégorie sociale à l’autre et d’une catégorie de revendications à l’autre. Et ce n’est pas à la veille de l’élection présidentielle, qui a déjà toutes les raisons d’être problématique, qu’on va prendre le risque de la contagion. “Il est temps que le train de l’anarchie s’arrête.”
Car dans le système en activité, la fonction  présidentielle est fondamentale. Elle est conçue pour concentrer toute la légitimité du régime en la personne du Président qui, dans un second temps, irradie tout le personnel de son régime de cette légitimité. Toutes les forces associées au pouvoir, ou gravitant autour de lui, ont intérêt à ce que soit reconduit ce Président dont ils ont eux-mêmes fait la source générale et unique du bien-fondé de leur pouvoir.
Cette propension à faire du Président le récipiendaire et l’origine de la légitimité a d’ailleurs déteint sur l’opinion générale. Ainsi, il a suffi qu’il émette un message à ses homologues maghrébins à l’occasion de l’anniversaire de l’UMA pour que la confrérie médiatique titre consensuellement que Bouteflika veut relancer l’Union. Sans même questionner les obstacles objectifs qui, pour l’heure, entravent le sentier de ce noble but.
En gros, ce n’est pas avec la contestation que le pouvoir a un problème, mais avec le principe de son expression, avec la démocratie.


M. H.


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Commentaires
1 réactions
Tamazight le 18/02/2018 à 22h18

Azul Mas Hammouche, L'Union du Maghreb Arabe, un noble but dites-vous? Avez-vous oublié que nous sommes Amazighs et pas arabes? Il faudrait aussi songer à bannir ce mot arabe "Maghreb" de notre vocabulaire.

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