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contrechamp / ACTUALITÉS

Macron, la légalité et la légitimité internationales

Selon l’explication d’Emmanuel Macron, les frappes par lesquelles la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont répliqué à l’attaque chimique de Douma jouissent de la légitimité que leur confère leur finalité, faute de remplir les conditions de leur légalité (un vote du Conseil de sécurité).
De ce fait, le président français a considéré que l’intervention s’est bien faite au nom de la “communauté internationale”. Jusqu’ici, le discours diplomatique n’a jamais fait endosser à cette “communauté internationale” que les seules décisions votées par la majorité des quinze membres du Conseil et sans qu’un membre permanent y oppose son veto.
Vue sous l’angle d’une légitimité affranchie de la condition de légalité, la Russie, n’ayant pas soutenu la résolution en question, se serait donc ainsi exclue de la “communauté internationale”. Or, si les alliés sont passés outre le veto de la Russie et sa présence en Syrie, c’est plutôt parce que le rapport des forces militaires le leur permet. À moins que les conditions, l’intensité et les cibles de la frappe n’aient, malgré cela, été négociées ou, au moins, conçues de sorte à ne pas rendre la confrontation inévitable.
Il est concevable, et même souhaitable, qu’en certaines circonstances, l’humanité ne reste pas prisonnière de la légalité internationale, l’ordre onusien étant, lui-même, un ordre fondé sur l’état des rapports de force à un moment de l’histoire, un ordre qui n’a donc pas vocation à s’éterniser, mais qui s’éternise tout de même. De ce point de vue, le Conseil de sécurité et le système onusien en général ont, maintes fois, démontré leur incapacité à servir de cadre adéquat à la résolution des problèmes du monde. L’ONU, dans son état actuel, c’est la justice des intérêts géopolitiques, idéologiques et économiques doublée de la loi du plus fort. Il est donc heureux que la légitimité, la conformité à “l’esprit des lois”, à l’idée de justice l’emportent parfois sur la décision découlant de la synthèse de la confrontation des intérêts, du rapport de force et des vicissitudes procédurales.
Mais, s’il y a un cas dans les tristes annales de l’ONU où la finalité aurait dû s’imposer à la conformité, c’est bien la question israélo-palestinienne. Là, “la communauté internationale” s’est plutôt soumise à la dictature permanente d’un veto, sans jamais s’en révolter, sans jamais se soucier de sauver la morale des injustices que le “droit international” autorise souvent. À ce sujet, les États-Unis font, à eux-seuls, de la “communauté internationale” un diktat pro-israélien qui ne l’a jamais révoltée. De 1970 à 2017, les États-Unis ont usé quarante-deux fois de leur droit de veto contre les projets de résolution du Conseil de sécurité concernant Israël ! Et quand, en décembre 2016, la résolution 2 334 condamnant la poursuite des implantations coloniales a pu être adoptée – les USA n’ayant pour une fois pas opposé leur veto –,  Israël a littéralement menacé les pays qui l’ont votée, France comprise ! En tout état de cause, Tel-Aviv foule aux pieds, avec mépris et avec un certain sens de la provocation, toutes les résolutions qui la dérangent, ramenant, sur la question israélo-palestinienne, la communauté internationale à sa juste proportion : les États-Unis.

M. H.


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