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contrechamp / ACTUALITÉS

Maltraitance des institutions : de pire en pire

Le cinquième mandat n’est encore que virtuel, mais il commence à faire ses premières victimes. Parmi ses inconditionnels. Après Farouk Ksentini, c’est au tour de Baha-Eddine Tliba de faire les frais de l’évocation précipitée du cinquième mandat.
Il y a quelque temps, l’ancien gardien des droits de l’Homme maison, ayant commis l’imprudence de rapporter une confidence de Bouteflika sur son projet de cinquième mandat, avait essuyé un brutal “démenti de la Présidence”. Ces jours-ci, le remarquable député d’Annaba va comparaître devant la commission de discipline du FLN pour avoir constitué, quinze mois avant le vote, l’équipe de campagne du cinquième mandat.
Pourtant, ce thème n’est pas survenu sur la place publique à l’initiative de ces deux “victimes”. Ould Abbes avait, lui-même, mentionné la possibilité d’une candidature de Bouteflika, “si le Président consent”, dès octobre 2016 à Aïn Témouchent, avant d’interdire récemment aux militants “d’évoquer” la question et d’en arriver à “inculper” Tliba.
Il semble que, vu du poste de pilotage, le fait que certains affidés veuillent aller plus vite que la musique contrarie la stratégie adoptée. Et la sanction pour l’exemple de Tliba vient appuyer celle, aussi exemplaire, infligée à Ksentini. Le but probable est de faire comprendre à tous qu’ils doivent attendre l’ordre de départ. Pourquoi s’empresser, en effet, de réveiller les adversités quand on a l’avantage de l’initiative et le pouvoir d’organiser le timing des événements ? L’assurance autoritaire d’Ould Abbes au sujet de la présidentielle atteste du fait que c’est bien la tactique de l’attente qui a été adoptée.
Des courtisans comme Ksentini ou Tliba, ou comme ce chef de zaouïa familier de ces lucratives kermesses quinquennales qui s’est joint au concert des appels à candidature ignorent-ils qu’il n’est pas attendu d’eux de prendre des initiatives mais seulement d’être prêts à marcher dans le sens qu’on leur désignera ? Eh bien oui : d’une part, le régime a, à ce point, encouragé leur surenchère laudatrice qu’ils ne savent plus s’arrêter ; d’autre part, la concurrence fait qu’ils doivent jouer des coudes pour être le premier. Et c’est ainsi que Tliba, produit de la dérive affairiste du régime et symbole du nivellement par le bas de l’activité politique, s’est cru permis de convoquer — parce que c’est bien ce qu’il a fait — d’anciens Premiers ministres, ministres, chefs de partis et autres cadres institutionnels pour constituer sa “dream team” de campagne ! Apparemment sans même que le premier concerné, le candidat souhaité, en soit informé !
Après être entré en politique par effraction pour être vite bombardé vice-président d’une Assemblée nationale alibi, ce proche d’un ancien président de la même Assemblée nationale et ex-président du FLN, tout aussi pittoresque dans sa pratique politique, ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin. C’est le régime qui est dépassé par son œuvre de marchandisation-dévalorisation de la fonction politique.
Tout semble fait pour qu’il ne reste nul recoin de la vie nationale qui ne soit frappé par l’absolu discrédit.

M. H.


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