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contrechamp / ACTUALITÉS

Martyre palestinien : la part de chacun

“Arabes, musulmans, où êtes-vous ?” C’est le cri des Gazaouis appelant leurs “frères” à leur devoir de solidarité.
Justement, les pays “frères” sont occupés à mener leurs guerres. Souvent fratricides, d’ailleurs. Le Hamas, qui régente la vie et les actes du peuple de Gaza, l’a embarqué dans une de ces causes, apparemment, à ce point exaltantes qu’elles vous détournent de votre cause propre. Sinon, comment des Palestiniens, fussent-ils de Gaza, en sont-ils arrivés à fomenter un attentat contre le Premier ministre de leur propre Autorité ? Le pouvoir de l’idéologie fait que la lutte de pouvoir transcende la lutte de libération.
Les autres musulmans ont donc aussi la tête ailleurs qu’en Palestine ; ils ont d’intimes contentieux à régler, bien antérieurs à la question palestinienne, qui retiennent leur attention et mobilisent leurs énergies, comme celui de savoir qui d’Abou Bakr ou d’Ali avait la légitimité de succéder au prophète. Ce séculaire contentieux sunnite-chiite, plus à l’ordre du jour que jamais, s’avère plus sanglant et plus prenant que toutes les guerres que le monde musulman a connues.
Pour les deux principaux protagonistes de l’opposition Iran-Arabie et sunnite-chiite, Israël ne constitue plus un danger principal ; il tient à peine le rôle d’élément de stratégie dans le conflit primordial. Conséquemment, l’Arabie est dans une logique de pacte de non-agression tacite et collaborative et l’Iran joue, auprès de l’opinion arabe et palestinienne, de son statut d’ultime menace sur la sécurité d’Israël.
Les régimes arabes et musulmans sont victimes de leur résistance à la modernité politique et à la démocratie. Ankylosés dans leur condition de dictatures rentières qui bride leur développement économique et technologique, ils n’ont ni la force ni la légitimité suffisantes pour influer sur le cours des évènements. Israël sait qu’il a affaire à des pouvoirs illégitimes qui tiennent par un autoritarisme brutal et des élections truquées et qui dénient à leurs peuples le droit même de produire une opinion.
Netanyahou joue sur du velours face à un monde musulman défendu par un Erdogan, éradicateur de démocrates turcs et exterminateurs de kurdes… même
Syriens ; et par un Sissi qui ridiculise son peuple en se faisant donner la réplique par un opposant… qui le soutient. Avec des représentants de cette envergure, on a peu de chance de faire triompher de grandes causes, même les plus justes.
Les Palestiniens, au temps où ils cultivaient la cohésion démocratique et l’unité de décision, s’en sont trop remis à des “frères” qui ont fait de cette question un thème de propagande et de légitimation internes. Ils ont raté des fenêtres de tir pour arracher ce qui pouvait l’être en l’état des rapports de force de l’époque. Aujourd’hui, Israël, fort du soutien sans condition des États-Unis, se permet de traiter d’“hypocrite” la simple demande du secrétaire général de l’ONU d’une enquête indépendante sur une tuerie de Palestiniens !
Il est peut-être temps pour eux de repenser leur perspective nationale en fonction de ces conditions arabes, musulmanes et internationales, aujourd’hui, défavorables.


M. H.


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