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contrechamp / ACTUALITÉS

Médiocratie

L’un des trois a été abattu et les deux autres arrêtés. Avant de tomber dans cette fatidique embuscade à la frontière libyenne, ces contrebandiers, candidats aux élections communales d’Illizi, projetaient de mener de front leur double carrière, sinon les deux activités d’une même carrière : la politique et le trafic.
L’histoire, même si elle finit mal pour nos postulants conseillers, illustre combien, en Algérie, la politique a su réconcilier la magouille interlope et l’engagement au service de l’intérêt général. Si d’authentiques passeurs sont aussi d’authentiques prétendants à la responsabilité publique, c’est que notre système a réussi à réconcilier l’indélicatesse cupide et la régence du patrimoine commun. Et si ses “agents doubles” arrivent à postuler à des fonctions publiques dans leurs propres fiefs, et à espérer se faire élire ou faire élire leurs colistiers, c’est que notre ingénieux système a su réconcilier la délinquance et la notabilité.
Et, le trafic et la politique, s’ils forment souvent les deux faces d’une même activité, c’est justement parce qu’ils se fondent sur la même pratique : la fraude. Le système s’occupe du reste : le résultat de la magouille même s’il est ahurissant, voire stupéfiant, ne remet pas en cause la probité de son auteur, s’il est de la maison.
D’une certaine manière, notre système politique constitue aussi… un système D. Cet aspect prébendier de la politique s’est, peu à peu, popularisé, les Algériens ayant observé les révolutions sociales accomplies par leurs voisins dégourdis qui ont senti le filon “électoral”, et la nouvelle du profit facile a fini par parvenir jusque dans les chaumières. Devant l’engouement, puis la concurrence, les places dans les listes électorales, comme vous avez pu le constater depuis plusieurs échéances, sont devenues chères. Le seul intérêt que les Algériens trouvent désormais à l’activité politique, c’est de se porter candidat et d’être élu. Ils se bousculent aux portes des partis à chaque “rentrée électorale”, puis disparaissent jusqu’à la prochaine.
La dépréciation de la fonction élective, du fait de l’intervention décisive de la fraude dans “le choix des élus” et du fait que les assemblées ont peu de réelles prérogatives, a chassé de la compétition les candidats à potentiel politique. Le niveau de conception et d’engagement a baissé avec la chute de la crédibilité du voté et de l’élu. La monétarisation progressive de la candidature a accéléré cette dégradation conceptuelle du marché électoral. Ce qui fait que nous assistons à une campagne électorale désertée par ses animateurs théoriques, par des candidats qui, parfois, ne s’encombrent même pas d’imprimer une affiche. Et que lorsque ces candidats daignent s’exprimer ou produire des supports promotionnels, ils arrivent tout juste à provoquer l’hilarité ondulante des réseaux sociaux.
On a finalement fait pour la politique, comme pour l’école, la communication : vous voulez la démocratie ; vous aurez pire que le parti unique : la médiocratie.

M. H.


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1 réactions
Fraternity le 06/11/2017 à 14h51

Le système a érigé le banditisme en mode de gestion des affaires du pays. Il a même instauré des normes de délinquance à respecter, pour ses membres naturels; La norme principale non écrite, codée et limitée à ses membres consiste à pratiquer la délinquance au sens large du terme avec l'accord du système et aux limites qu'il a instaurées . Les 2 bandits de frontière ont voulu joué solo, ils ont outrepassé cette norme. Ils ont étaient éliminé !

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