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contrechamp / ACTUALITÉS

Menaces sur les réformes scolaires

L’avènement de Benghabrit à la tête de l’Éducation nationale et le programme de réforme qu’elle porte prenaient, chez les adeptes d’une école moderne, une allure de lot de consolation dans un régime qui, depuis deux décennies, s’attelle avec application à la ruine économique, culturelle, écologique et morale du pays.
Mais, de plus en plus, on peut craindre que cette exception scolaire n’ait servi qu’à faire illusion. Depuis le début de cette année, surtout, les réformes qui, pourtant, ne constituaient pas un chambardement radical de l’ordre scolaire en place, semblent suspendues. À titre d’exemples, l’épisode de la polémique sur la suppression de la “besmala”, qui a vu la ministre battre en retraite devant les attaques de snipers islamistes et l’annonce de l’abandon de la réforme du baccalauréat, laissent craindre l’amorce d’un renoncement à un projet de réforme.
Il faut dire que les organisations syndicales du secteur n’ont pas laissé de répit nécessaire à une administration de réformes. Bien sûr, il n’est pas question de discuter le droit pour toute catégorie professionnelle à la revendication et l’action revendicative ou de suivre la ministre dans sa maladroite remise en cause du droit de grève. Mais la radicalité des mouvements, en particulier celui conduit par le Cnapeste, laisse planer le doute sur la stricte nature sociale de sa motivation. Il y a, fort probablement, des droits à exiger du ministère, mais il est temps que la corporation enseignante sorte du bois pour un débat sur l’orientation de l’école nationale et à l’exprimer franchement, dans l’unité ou dans la diversité. Elle évitera ainsi que l’opposition idéologique aux réformes scolaires n’emprunte pernicieusement le chemin de la revendication sociale. Elle devra aussi poursuivre par l’assainissement moral de ses rangs et, notamment, se départir de cette honteuse industrie mafieuse des “cours de soutien” qu’elle a banalisée jusqu’à la généraliser. De sorte à faire de la grève prolongée une opportunité affairiste pour les plus cupides, et ils semblent nombreux, d’une profession qui n’a jamais eu vocation à enrichir ses pratiquants.
D’un autre côté, ce n’est pas la solidarité qui submerge un ministère chargé de semer les graines du progrès et du développement. Ni du côté d’une société plus encline à angoisser par la réhabilitation possible du prix du pain, ni du côté de parents d’élèves nombreux à voir en l’école plus un lieu de garde d’enfants qu’un lieu de formation de leurs esprits, ni du côté des institutions, pas toujours, dont les détenteurs refusent de s’impliquer dans les débats sur les questions de société par peur de prendre les risques politiques. Dans leur fuite de responsabilité, ils préfèrent s’en remettre “au président de la République, seul habilité à…”.
L’Exécutif même, enlisé dans une démarche par improvisations suivies de rectifications et semblant ne plus avoir de centre réel de coordination, a cessé de fonctionner en entité homogène. À moins de céder au syndrome du “koursi”, Benghabrit pourrait bientôt ne rien avoir à faire dans ce contexte où l’irrésolution politique se nourrit de la confusion stratégique. L’école, un trop important sujet pour une si approximative gestion.


M. H.


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