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contrechamp / ACTUALITÉS

Migration : l’Europe dans tous ses états

L’Espagne a mis fin à l’errance de l’ “Aquarius”.  L’Italie, aujourd’hui gérée par une coalition populiste, a commencé par refouler le bateau transportant ces migrants sauvés d’un naufrage. Malte a fait de même. La France, sans faire plus, sinon que la Corse a décidé d’ouvrir un port au bateau dérivant, a reproché son attitude à l’Italie, avant de se proposer pour recueillir des migrants parmi ceux qui ouvrent droit à l’asile.
Le geste de l’Espagne aura mis fin à une tragédie et à un scandale. Mais l’attitude du gouvernement italien ne doit pas faire oublier que, ces dernières années, ce pays a eu à supporter presque seul l’accueil forcé de la migration africaine juste parce qu’il a la côte la plus proche du principal point d’embarquement clandestin. En termes de politique migratoire européenne, l’arbre espagnol d’un jour ne doit pas cacher la forêt européenne de tous les jours.
Les États d’Europe traitent la question migratoire comme un phénomène conjoncturel. Ils ne se sentent alors pas contraints d’élaborer une doctrine qui guiderait leurs politiques dans la durée. L’UE, de son côté, n’est pas en état de s’offrir une politique migratoire, parce qu’au moment de sa mise en œuvre, les États se réapproprient la décision. Et eux ne se sentent pas toujours tenus par les résolutions de Bruxelles, y compris quand elles sont le fruit d’un consensus de ces mêmes États, comme on a pu le constater au sujet des quotas.
Il y a, bien sûr, l’attitude assumée de certains pays, de l’Est européen, et d’autres dirigés par des gouvernements nationalistes, qui s’en tiennent à la position de principe de refus de l’immigration. Ceux-là se départissent de toute contrainte de droit international ou de responsabilité humanitaire. Cette position a l’inconvénient moral que l’on sait et l’avantage politique de la clarté. Mais les États de l’Europe de l’Ouest qui revendiquent une démarche “human compatible” n’ont pas le droit de s’extraire à leur responsabilité historique. Le phénomène migratoire transméditerranéen est inhérent à un ordre mondial résultant d’un processus historique marqué par le phénomène colonial. Un phénomène dont les effets ont été aggravés par la nature du rapport Nord-Sud établi postindépendances. Celui-ci a reposé sur ces termes : le soutien des métropoles aux régimes autoritaires et prévaricateurs du tiers-monde contre l’accès aux ressources naturelles dont souvent regorgent ces ex-colonies.
Ces nouveaux États se caractérisent par la brutalité de leurs dictateurs dont l’emprise sur les populations est facilitée par le sous-développement économique, social et culturel qu’ils leur imposent. Faute de légitimité, donc, ces despotes ne tiennent que par l’appui complaisant et intéressé de leurs puissants parrains.
Aujourd’hui, il y a une mondialisation de fait. D’un bout à l’autre du monde, rien ne se cache. Et les jeunes Africains, devant le spectacle des possibles qui contrastent avec leur impuissance, se demandent : “Est-ce ainsi que les hommes vivent ?” L’impasse politique et économique structurelle arrange le tandem dictatures du Sud-démocraties du Nord. Mais pas ces jeunes. Ils sont alors prêts à risquer leur vie pour surmonter la muraille qui sépare la partie libre, opulente et barricadée de ce monde de sa partie assujettie, indigente et surveillée.

M. H.


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