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contrechamp / ACTUALITÉS

Modèle économique et décision de gestion

Finalement, l’instruction présidentielle ne revient ni sur le pacte public-privé ni sur les privatisations ; elle précise seulement qu’en la matière, rien ne doit être fait sans l’approbation du président de la République, en amont et en aval du processus.
Comme on ne peut pas croire que, jusqu’ici, des privatisations ont échappé à la supervision du Président, on ne comprend pas pourquoi, cette fois-ci, il a décidé de le faire formellement savoir. On peut penser qu’il s’est passé quelque chose à la réunion du CPE de jeudi dernier, quelque chose du genre à contrarier Bouteflika ou ses proches. On peut aussi penser que, dans un climat social qui n’est plus celui de la prospérité pétrolière, il n’y a là que la recherche d’un effet de communication que traduisent ces slogans à connotation populiste conçus par les médias pour l’occasion : “Bouteflika recadre Ouyahia”, “Le Président veut éviter les dérapages”, etc.
Au demeurant, si “la transparence” était l’unique motif de cette instruction, il n’était pas nécessaire de la laisser fuiter et de lui donner cette “involontaire publicité”.
Tout se passe, comme si, depuis… 2018, nous avions affaire à un nouveau régime. Pas celui qui s’est constitué une oligarchie qui souscrit indirectement au budget de l’État, pas celui qui a fait du gré à gré la règle, et non l’exception, d’octroi des marchés publics, pas celui qui, comme l’écrivait hier mon confrère d’El Watan, a “un modèle économique pour Rebrab et un autre pour Kouninef”… Mais un régime tellement épris de transparence qu’il est en train de développer une vigilance inédite autour de ses propres procédures !
À supposer que le Premier ministre ait voulu jouer pour un camp, on ne lui connaît pas le courage de l’indiscipline que requiert un tel acte d’autonomie.
Dans la gestion du secteur public économique, la privatisation n’a jamais été conçue comme un instrument de développement. C’est pour cela que, dans ces opérations, le pouvoir a plus souvent cultivé le sens de la discrétion que celui de la transparence. Y a-t-il jamais eu de la publicité sur les procédures de sélection des acheteurs ? Y a-t-il eu un quelconque bilan économique, financier ou social d’une quelconque campagne de privatisation ? En 2015, le gouvernement a restructuré les SGP. L’opération a consisté à les fusionner par deux pour en faire des groupes : que sont devenus les anciens sièges de SGP ainsi “économisés” ?
L’autorisation d’investissement a permis une orientation clanique des moyens financiers et fonciers de l’État et, en complément, la privatisation a prioritairement constitué un moyen d’affectation privative, sélective et autoritaire d’actifs fonciers et immobiliers ? Le régime n’a pas de modèle économique structurant ; c’est l’option rentière et clientéliste qui structure le modèle économique en fonction des besoins des coteries.
Ce faisant, il arrive que quelques querelles de chapelle, comme lors de l’épisode Tebboune ou cet épisode PPP, chahutent le fonctionnement de ce modèle par défaut. Un modèle qui s’est toujours caractérisé par sa vocation rentière et non de développement, et donc par l’opacité et l’arbitraire de la décision d’allocation de ressources. Et cela continue.

M. H.


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