Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

Monnaie et sous-développement

Mohamed Benmeradi, ministre du Commerce et plusieurs fois membre du gouvernement, découvre la problématique monétaire nationale. Il relève que le dinar est “probablement” surcoté et que l’État “subventionne indirectement les importations”.
Ce faisant, il nous rappelle que la finalité même de l’inconvertibilité du dinar est de pouvoir le surcoter. En valorisant ses importations, l’Algérie se donne l’illusion d’avoir dépensé moins de dinars que si sa monnaie était convertible. De façon générale, elle maintient le dinar dans une valeur arbitraire en lui évitant l’épreuve du marché. Ce qui lui permet de sous-évaluer comptablement ses dépenses. La différence entre ce que nous coûtent les importations et ce qu’elles  nous auraient coûté si notre monnaie était convertible, est payée par l’État ; elle correspond à une subvention du produit importé au profit du destinataire final.  
Mais la question n’est pas de s’ahurir de cette “découverte”. Elle est de se demander pourquoi un gouvernement préfère une politique monétaire qui l’oblige à subventionner les importations, qu’elles soient destinées à l’État, aux entreprises ou aux ménages, à une autre qui laisserait le dinar assumer sa vraie valeur et son réel pouvoir d’achat ?
La mystification politique, dans ce genre de communication, est que ce soit le responsable de la situation anachronique, le gouvernement, ici représenté par son ministre du Commerce, qui se désole d’un état de fait dont il est responsable !
En quinze ans d’abondance financière, le pays aurait aisément pu organiser la transition vers une libre convertibilité du dinar. Mais si cela n’a pas été fait, ce n’est pas pour les avantages économiques d’un taux administré, mais pour ses avantages politiques : le maintien du taux administré empêche la décision économique de migrer de l’autorité politico-administrative vers le marché. Il empêche l’atomisation de la décision d’importer, donc d’investir, de produire et de consommer. Il empêche de renvoyer l’État à sa fonction de régulateur et de simple agent économique parmi d’autres.
Or, une dictature a vocation à détenir le pouvoir total, y compris le choix des marques de voitures que nous devons conduire, par exemple, le choix de leurs importateurs. Elle se refuse donc à partager la décision économique, la décision d’allocation de ressources, avec la société. Le maintien du taux administré permet aussi la… surfacturation dont se plaint Benmeradi. Et qu’il trouve… imparable. Oui, le délit de surfacturation ne peut justement être jugulé que par la libre convertibilité de la monnaie nationale qui réduit l’intérêt financier de la surfacturation aux yeux de l’importateur indélicat.
Quand le ministre dit que “le dinar est probablement surcoté” sur la place et qu’il faudrait que la Banque d’Algérie “travaille davantage à ce que les deux taux (officiel et parallèle) se rapprochent”, il énonce un truisme monétaire que son régime refuse d’adopter parce qu’il se préoccupe d’assurer la distribution clanique plutôt qu’il ne se soucie d’organiser le décollage économique du pays. Un décollage qui ne peut se réaliser que par l’insertion organisée de notre économie dans l’économie (de marché) mondiale.
Il n’y a plus de secret en la matière : c’est la libre compétition qui génère le progrès. La rente a cet avantage de permettre de consommer, et même de s’enrichir, sans produire. Et d’entraver le développement.

M. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER
Commentaires
1 réactions
Argaz le 30/01/2018 à 18h17

Sur le plan économique à proprement parler, il ne peut y avoir de demi-mesure. La question qui reste posée est de savoir pourquoi les monnaies des nos voisins sont naturellement convertibles mais pas dinar algérien ? Et comme il est sous-entendu, la volonté chez-nous n’est pas de mise et la raison est toute simple : L’enrichissement sans cause sur le dos de l’économie de la rente. A bon entendeur…

Commentaires
1 réactions