Scroll To Top
FLASH
  • L'Algérie a enregistré 219 nouveaux cas de coronavirus (Covid-19) et 5 décès durant les dernières 24 heures
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

Mouvement et positions


Entre autres orientations transmises aux juges en grève, le SNM les a appelés à “assumer pleinement leurs missions prévues dans le cadre de la loi électorale”.
Même si les magistrats syndiqués ont bien entonné le slogan revendiquant une “justice libre et indépendante” à la fin de leur réunion, cette doléance ne les engage donc pas à partager la position du hirak. 
L’instruction vise, en quelque sorte, à dépolitiser la grève. Avec l’inconvénient, pour le pays, que les régimes non démocratiques vivent de la dépolitisation des potentialités politiques nationales. Le syndicat sait qu’en ces circonstances précises, le pouvoir ne peut pas se passer de la caution judiciaire de son processus électoral et de sa politique de répression. Coïncidence, la question de la détention de Bouregâa est venue se reposer au moment même où l’on s’interrogeait sur la nature de la fronde des magistrats.
Ce qu’il y a de déplorable dans l’attitude effective du SNM, ce n’est pas tant le choix politique qu’elle traduit, mais le fait, pas très élégant, d’exploiter finalement le mouvement populaire comme simple opportunité syndicale. 
D’ailleurs, le réflexe corporatiste a tout de suite fait boule de neige : les sénateurs ont, à leur tour, sauté sur l’occasion et exploité la situation ! Puisque les magistrats en sont encore à solliciter leur indépendance — même si c’est une demande qui vient simplement en soutien à leurs revendications professionnelles —, les élus du Conseil de la nation y trouvent argument à ne pas livrer leurs collègues à une justice qui se dit elle-même “liée”. Ils ont donc voté contre la levée de l’immunité de deux de leurs collègues sur les cas desquels ils avaient à se prononcer hier. En coulisse, le réflexe d’autodéfense corporatiste ne se cachait pas, ici non plus.
Parce que la répression du mouvement populaire et la contestation de sa consistance par le pouvoir ne suffisent pas à l’affaiblir, les forces contraintes au repli tactique au début du hirak, les partis de la coalition en particulier, trouvent que c’est le moment de redescendre dans l’arène, le régime a besoin de leur renfort, même un peu encombrant, pour conduire sa feuille de route à son terme.
Le RND avait d’emblée présenté son candidat posant le postulat absurde que toute cette période où régnaient la prédation et l’abus de pouvoir était le fait de personnes et non d’organisations, c’est-à-dire de groupes d’intérêts structurés autour de l’activité de détournement de la richesse nationale et d’étouffement de la volonté populaire ! C’est cet axiome qui fonde la stratégie contre-révolutionnaire : on a séparé le bon grain de l’ivraie ; le train du régime peut repartir, et le peuple, n’ayant plus de souci à se faire pour la gestion à venir de ses affaires, peut applaudir ce nouveau départ. La tentation restauratrice du régime est telle que le FLN révèle timidement que lui aussi avait son candidat caché en la personne de Tebboune.
En ces temps où les événements s’accélèrent, les positions continuent à mieux se préciser. Et la décantation de s’opérer.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER