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Mouvement populaire : l’ambivalente attitude du pouvoir

“Il  m’appartient,  dans  ce  contexte,  de mettre  en  exergue  certaines   de  ces  idées  empoisonnées que véhicule la bande et qu’adoptent certains porte-voix qui orbitent autour d’elle, notamment l’appel à l’élargissement des détenus, qualifiés à tort comme des prisonniers d’opinion, en guise de dispositions d’apaisement selon eux.” Ainsi répondait, en ce 1er octobre 2019, le général Gaïd Salah à Karim Younès, qui avait annoncé, trois semaines plus tôt, que le président Bensalah était d’accord pour prendre ces “mesures d’apaisement” en signe d’encouragement au dialogue. Ces mesures devaient consister en la libération des détenus du mouvement populaire et en le départ du gouvernement Bedoui. 
Bien avant de procéder à cette mise au point, le chef d’état-major avait fait la preuve de son autorité politique en “suggérant” que le corps électoral aurait dû être convoqué “le 15 septembre, par exemple”. Et en étant entendu à ce sujet.
Depuis, des élections se sont tenues. Même rejetées et très largement boycottées, elles ont donné lieu à l’installation d’un président, de plein exercice celui-la. Mais la question des détenus d’opinion se pose toujours. Beaucoup d’entre eux sont encore en prison et d’autres les ont rejoints. Et le Président n’y répond pas. Ou plutôt si, pas à l’opinion algérienne puisque même la presse qu’il s’est choisie pour l’interroger ne l’a pas interpellé sur le sujet. Outre que cela informe sur le niveau de collusion pouvoir-presse, cela pose le problème de l’avis exact du pouvoir sur le mouvement populaire. Un seul indice à ce propos : aux politiques qu’il reçoit, Tebboune déclare que c’est là une affaire de justice, reprenant l’argument historique du pouvoir militaire.
Mais cette position serait intelligible si, en même temps, il déniait au mouvement citoyen son statut de mouvement politique. De fait, des tentatives ont eu lieu, annonçant le crépuscule, voire la mort de la révolution populaire, et les manifestants ont été accablés tantôt de “trahison”, tantôt de “minorité”. La mobilisation a cependant survécu à l’épreuve du temps, aux pièges tendus à son unité, aux manipulations politiciennes, aux assauts des baltaguia et à la répression policière et judiciaire. D’ailleurs, c’est le Président qui affirme que ce mouvement inspire son programme et que, pour satisfaire ses revendications, il a décidé d’engager des réformes politiques déjà entamées à travers la mise en place d’une commission d’experts devant élaborer une proposition de révision constitutionnelle !
Cette ambivalence dans l’appréhension du mouvement citoyen est traduite et exprimée dans l’écart entre le discours lénitif sur le hirak et le traitement répressif des hirakistes. Un peu comme si le pouvoir réel et le pouvoir apparent s’étaient distribué les rôles :  fermeté dans la répression, d’un côté, et discours balsamique, de l’autre. Tebboune a du mal à formuler sa politique vis-à-vis du mouvement populaire parce qu’à l’évidence, il n’a pas le loisir d’en avoir une. Elle l’a précédé. 
Il passe alors le temps avec une commission, en attendant… En attendant de cueillir les fruits de la répression. Pourtant, on sent bien que cette révolution n’est  pas  du  genre  soluble  dans les tergiversations et la répression.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr

 


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