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contrechamp / ACTUALITÉS

Moyen-Orient : géopolitique du crime

L’Amérique soutient Israël, “dhalima aou madhlouma” (qu’il ait raison ou tort). Mais pour de vrai dans ce cas-ci. Il n’y a qu’à regarder les effets de cet appui réellement inconditionnel des Américains aux Israéliens sur les enfants de Palestine pour se rendre compte de l’incongruité d’une formule qui suppose un soutien inconditionnel et qui fait florès en Algérie depuis qu’il paraît qu’un de nos présidents en a usé pour qualifier notre solidarité envers les Palestiniens. Mais comme le soutien arabe aux Palestiniens se résume à un exercice d’éloquence, il ne risque pas d’induire trop de dégâts dans l’autre sens du conflit.
En revanche, les États-Unis l’appliquent concrètement, et sans avoir besoin de le mentionner, au profit d’Israël. Et le précepte s’avère alors dévastateur. Ainsi, Israël peut tout faire, et a tout fait, dans l’impunité, dans le mépris revendiqué du droit international et dans la déconsidération affichée des instances onusiennes. Ce soutien sans limite d’un membre du Conseil de sécurité a fait d’Israël une monstruosité incoercible.
L’Amérique soutient Israël ; la Russie soutient la Syrie. Mais pas contre Israël. D’ailleurs, la Syrie n’est pas en guerre contre Israël, même si celui-ci lui fait la guerre de temps en temps, à chaque fois qu’il en éprouve le besoin ou l’envie. La Syrie fait la guerre à ses ressortissants soulevés contre le régime et aux terroristes islamistes venus s’incruster dans le conflit. Cette guerre ne concerne pas Israël, enfin… pas directement ; elle ne la concerne qu’en ce qu’elle engage le Hizbollah et indirectement l’Iran perçu comme son ultime ennemi, les Arabes voisins étant, eux aussi, occupés à se prémunir du danger chiite et à lui faire une espèce de guerre préventive au Yémen et, plus sournoisement, au Bahreïn, au Liban, en Irak et… en Syrie. Du côté arabe, Israël peut dormir sur ses deux oreilles. Et même tisser des alliances. Ce qui se fait déjà.
Au Moyen-Orient, c’est donc la Syrie qui oppose l’Amérique et la Russie. Pas la Palestine. Parce que les Russes aident la Syrie, pas la Palestine. Dans leur guerre, pas si froide que cela, les deux puissances ne s’affrontent pas sur l’enjeu israélo-palestinien. Ce qui permet à Trump, comme il l’a permis à ses prédécesseurs, d’assurer l’impunité israélienne sans avoir à mettre cet abus de puissance — et de veto — sur le compte de la confrontation avec la Russie. En gros, ce qui préoccupe Poutine, ce n’est pas d’empêcher Tsahal de faire des cartons sur les manifestants Gazaouis, mais d’assurer à El-Assad le droit de bombarder, et peut-être gazer, tout aussi impunément, sa population, en même temps que les rebelles et les terroristes qui en usent comme bouclier humain. En face, le souci de Trump est de trouver les alibis utiles à accabler un allié de l’Iran, des alibis au demeurant servis à profusion par un Président coupable de mille crimes de guerre.
D’autres puissances, en Europe et en Asie, prennent part à cet affrontement bipolaire au Moyen-Orient continué par des sous-guerres locales. Mais ses victimes finales, ce sont les enfants de Palestine et de Syrie qui tombent sous des balles bien réelles, pour les premiers, et sous de vraies bombes, pour les seconds. Pour ces martyrs de la géopolitique, elle n’a donc rien de froid.

M. H.


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1 réactions
aminelicia le 11/04/2018 à 21h17

Boucliers humains ? Vous êtes en train d'utiliser le même langage que les Américains, les Russes et les Israéliens pour justifier leurs boucheries non seulement en Syrie, mais aussi en Irak, en Palestine et dans d'autres contrées. D'ailleurs, les Américains avec leurs complices occidentaux ont fait la guerre et massacré des millions de gens, en Corée, au Vietnam, au Liban, en Irak, en Syrie, en Afghanistan, en Libye et j'en passe.

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