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contrechamp / ACTUALITÉS

Naufrages

Alors que les naufrages quotidiens de harragas s’enchaînent, le constat de l’inanité des interminables “réformes” scolaires vient confirmer le naufrage structurel et durable de l’École algérienne.
Tels des petits de tortues de mer, nos enfants se précipitent, à peine sortis de leurs coquilles, dans les flots périlleux pour aller chercher un ailleurs d’accueil pour leurs rêves. Car il n’y a rien d’autre qui peut mouvoir les enfants et les jeunes que leurs rêves.
Le désastre a beau se prolonger, il ne perturbe pas plus nos officiels satisfaits qui, avec un faux air de devoir accompli, ont pris l’habitude de ressasser la ritournelle : “Nos enfants sont l’Algérie de demain.” Voulant dire par là que le pouvoir est en train de leur apprêter une Algérie aménagée pour prendre toute sa place dans le monde futur, d’une part, et de les former à être aptes à évoluer dans ce monde à venir, d’autre part.
Ce morceau de langue de bois est censé traduire la conscience prospective de ceux qui, par leur pouvoir et leurs pratiques, orientent l’avenir national. Inutile de convoquer d’autres preuves que le pillage mercantile des sables, la déforestation immobilière, la surproduction et la surconsommation des plastiques et le bétonnage promotionnel des terres agricoles pour se convaincre de l’insouciance politique qui est en train d’hypothéquer l’avenir physique du pays !
Quant à celui des générations futures, il a été consciencieusement compromis dans l’École qu’on s’est choisie. Elle ne peut pas assurer en même temps le conditionnement fanatique des élèves et susciter en eux des vocations pour les mathématiques ! Elle ne peut pas leur enseigner le prêt-à-penser, voire le “prêt-à-croire”, et s’étonner de les former à se poser des questions. Car la science, c’est l’aptitude à penser. Si la moitié des questions sont déjà réglées par la binarité “haram-halal”, ce n’est pas fait pour stimuler la réflexion…
Les enfants d’aujourd’hui sont peut-être l’Algérie de demain. Mais, le destin des deux est déjà hasardeux. Le pouvoir rentier qui passait par là aura privilégié la satisfaction de ses appétits immédiats sur le devoir politique et moral de concevoir et de réaliser un destin pour ce pays et ses
enfants.
Parce que les opérateurs du système ne prêtent pas attention aux rêves des enfants et des jeunes. Ils sont trop occupés à assurer l’accomplissement des rêves qu’ils caressent, eux, pour leurs propres enfants. Et pour financer les coûteux projets qu’ils conçoivent pour leurs fils et filles, ils ont conçu divers procédés, du plus légal ou plus immoral, pour aller chercher l’argent “là où il est”, comme on dit. Dans notre cas, dans le Trésor public.
Ils refusent de laisser l’avenir de leur descendance à la merci du hasard ou de la compétition, quitte à étouffer les rêves de tous les autres enfants. Du haut de leur “stabilité” ruineuse, et insensibles à leurs dégâts, ils semblent ne pas voir qu’une partie de l’“l’Algérie de demain” est déjà en train de sombrer.


M. H.


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