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contrechamp / ACTUALITÉS

Nomadisme… politique ?

La bousculade au portillon du FLN semble étonner. Pourtant, le fait exprime parfaitement l’état de la politique dans le pays.
Ces pérégrinations qui poussent de nombreux professionnels de la politique d’un parti à l’autre, ne constituent pas, à proprement parler, un “nomadisme politique”. Dans le sens où il n’y a rien de politique dans ce nomadisme. Dans leur migration, ils n’abandonnent pas un projet politique pour un autre, ils ne lâchent pas un programme pour un autre, ils ne renoncent pas à des convictions pour d’autres… La seule conviction qui les guide est qu’un parti politique n’est qu’un sigle, une “raison sociale” qui ne figurent qu’un moyen d’accès à une position statutaire, à des privilèges sociaux, à une perspective de carrière, etc.
Et en ces domaines, c’est le FLN qui, en l’état actuel des choses, offre les meilleures garanties. Les commentateurs qui font mine d’être surpris de ce nomadisme qualifié de “politique”, alors qu’il n’est que tactique et carriériste, participent à cette mystification autour de cette parodie de vie politique. Comme si celle-ci mettait en compétition, démocratique qui plus est, des projets, des programmes et des convictions philosophiques et qu’elle serait seulement perturbée par les agissements de quelques adeptes de la transhumance inter-partisane occasionnelle !
Tout le monde sait pourtant qu’il n’en est rien. Commençons par les partis du pouvoir : nul n’ignore que c’est le pouvoir qui nomme les cadres des partis et non l’inverse. Même majoritaires, ils ne choisissent pas le pouvoir. Le patron du FLN majoritaire sait-il pourquoi Sellal, son militant — lui-même de la dernière heure — a été remplacé par Tebboune et pourquoi celui-ci a été remplacé par le chef du parti allié “rival” ? Non, à moins que le FCE, un parti où l’on entre avec des “convictions” et conditions précises, celui-là, ne lui ait expliqué le processus d’“alternance” au gouvernement !
Du côté du pouvoir, toujours, il y a même un nomadisme “autoentrepreneur”. Celui de transfuges de partis occasionnellement opposants qui créent leurs propres structures pour… “soutenir le programme du Président”, eux aussi. Pourquoi leurs éléments ne nomadiseraient donc pas à leur tour ? La primauté de la carrière sur le projet, la priorité de l’ambition sur la conviction, c’est une culture que le régime clientéliste qui, grâce à la rente dont il dispose depuis plus de quinze ans, a su imposer dans la vie politique. Ce nomadisme, plus carriériste que politique donc, va toujours dans un sens précis : comme dans un mouvement cosmique,  le parti le plus fort attire les éléments du parti le plus faible et le parti le plus proche du pouvoir siphonne le parti le plus éloigné du pouvoir.
Aucun militant sérieux ne peut soutenir que, dans l’état actuel de la sociologie politique et de l’administration de la vie publique, l’action partisane puisse influer, si peu soit-il, sur la vie et la perspective nationales. Le régime en a fait un bazar où les ambitions individuelles et claniques évoluent dans tous les sens, faisant et défaisant leurs pactes de circonstance.
Quelques innocents militants, attardés dans leurs convictions trahies, errent dans ce ballet d’amuseurs animé par un mystérieux marionnettiste.


M. H.


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Commentaires
1 réactions
Fraternity le 12/12/2017 à 13h54

Tout simplement du vagabondage politique synonyme de désertion et de trahison; Il exprime l'effacement politique d'une société donnée. Le pouvoir, pour perdurer, a crée des figurines politiques sans repères moraux, domptées et prêtes à obéir au doigt et à l'œil. Ceux qui s'échappaient momentanément à son autorité ont été infiltrées ou simplement redressées, selon le jargon du système; Celà explique le vide politique et l'absence de toute opposition crédible.

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