Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

Non, l’intolérance islamiste ne “choque” plus

Après que le frustré en barbe et kamis se soit défoulé sur la statue d’Aïn El-Fouara, des journaux ont rapporté que “les Sétifiens sont sous le choc”.
Renseignements pris, exceptées quelques indignations circonscrites, la dégradation de l’œuvre n’a empêché personne, ou presque personne, de dormir. Ni à Sétif ni ailleurs dans le pays.
D’ailleurs, au moment de faits, “Destructor” n’a pas rencontré beaucoup de résistance. Les vidéos montrent plus de badauds fascinés que de citoyens interpellés. Un policier qui tourne autour du monument, des ouvriers qui vaquent à leur tâche avec concentration, plusieurs personnes qui filmaient ou commentaient et un seul jeune homme qui lapidait le casseur avant de lui asséner des coups de bâton sans lui faire lâcher prise… En tout cas, il a disposé du temps suffisant pour infliger des dommages, peut-être, irréversibles à la dame de ciment avant que la police ne le déloge, assez laborieusement.
Côté officiel, on observera la publicité faite à “la démence” de l’auteur du saccage, immédiatement après son forfait, comme pour innocenter les convictions islamistes que sa pilosité et sa tenue vestimentaire laissent transparaître. À chaque fois qu’un islamiste se rend coupable d’un forfait, c’est l’autorité publique qui, la première, dissocie son acte de la croyance politico-religieuse qui l’a motivé ! Sur ce plan, État et société sont en parfaite intelligence. C’est même le fondement de l’idée de “réconciliation” : distinguer le crime de la doctrine qui le fonde. Sur cette stratégie du compromis repose toute l’action de l’État depuis vingt-cinq ans environ : une recherche éperdue de bonne entente avec l’islamisme concomitante à une lutte soutenue contre le terrorisme qui n’en est qu’une émanation.
Avant que l’État n’adopte cette stratégie de la fuite en avant, la société, abandonnée à la terreur islamiste ordinaire, avait commencé à se “convertir”, par pans successifs. La “réconciliation nationale” fut une aubaine à tous ceux qui cherchaient le moyen d’excuser le renoncement. Progressivement, la règle islamiste est devenue la norme sociale et, dans bien des cas, a remplacé la loi.
Dans ce contexte de mimétisme intégriste pavlovien dominant, la liberté de conscience résiduelle bat en retraite. L’association des anciens élèves des lycées Mohamed-Kerouani et Malika-Gaïd de Sétif peuvent s’indigner, en effet, de ce qu’une brute fanatisée s’attaque à une œuvre d’art symbolique de leur cité. Mais cela reste l’expression d’une survivance d’ouverture d’esprit. Les soupirs des cercles nostalgiques ne peuvent contrarier l’action régressive des forces de la décadence.
Le tragique dans la situation est dans cette portion de société d’obédience, disons démocratique ou moderniste, qui se ment à se convaincre que tout n’est pas perdu et que cette régression obscurantiste nationale serait réversible, alors même qu’elle ne fait rien pour la freiner. Alors même qu’elle n’a justement plus d’aptitude à s’indigner d’un Bâmyân ou un Palmir local. Ou contre un de ces affronts qui, tous les jours, sont fait à la science, à la liberté, à l’art, au patrimoine, à l’histoire…

M. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER