Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

Nos “lignes rouges” et leur “carte blanche”

En voyage aux États-Unis, Ould Kaddour a rencontré, entre autres partenaires, Farhan Mujib, président Engineering et Construction de KBR, firme associée à Sonatrach dans la défunte joint-venture BRC, à l’origine du scandale du même nom. La filiale d’Haliburton avait préalablement été réhabilitée en même temps qu’Ould Kaddour et avait repris les affaires avec Sonatrach. Ainsi, et comme on nous l’a expliqué, l’affaire BRC n’en était pas une. On l’aurait dissoute pour rien !
La vie reprend donc. Mais, concomitance programmée ou aléatoire, les retrouvailles américaines ont coïncidé avec la publication d’informations au sujet de grenouillages financiers tentés par le fils du P-DG de Sonatrach au Liban. Une histoire de gros sous de celles qui, chez nous, n’arrivent qu’aux enfants de responsables et d’anciens responsables, des histoires de magots bourlinguant d’île-État en république bananière, de paradis fiscal en place financière. Le Liban… Le neveu Bedjaoui y a aussi élu domicile et nationalité, a-t-on appris.
Ce qui nous ramène à l’autre affaire Sonatrach. Qui n’en est pas une, non plus, a-t-on finalement décidé. Malgré une réaction présidentielle des plus indignées et des plus résolues, au moment où le scandale était porté sur la place publique, en février 2013. “Ces informations soulèvent notre révolte et notre réprobation, mais je fais confiance à la justice de notre pays pour tirer au clair l’écheveau de ces informations, pour situer les responsabilités et appliquer avec rigueur et fermeté les sanctions prévues par notre législation”, a déclaré Bouteflika à l’époque.
Mais, après un début d’instruction, le dossier s’est littéralement volatilisé et la justice n’a rien dit, ni dans un sens ni dans l’autre. En octobre dernier, Ouyahia soutenait que Chakib Khelil était finalement “une victime”.
Aujourd’hui, plus que jamais, en Algérie, on ne tombe pas pour une question de détournement ou de corruption. On peut donc trébucher, à l’occasion, mais on se relève une fois la tempête passée. La prédation étant la finalité première du système, ces procédés ne sont pas combattus par principe, même si, pour des raisons cosmétiques, le pouvoir s’est équipé d’instruments de lutte anticorruption. Ils sont juste réservés à ceux qui en ont la permission.
C’est pour cela qu’aux premières fuites, chacun crie au loup et chacun s’emploie à tirer son épingle du jeu, en attendant que le temps se calme. Voyons le cas du wali d’Alger : quand on l’interpelle sur sa responsabilité dans les aberrations immobilières commises par ses services au profit du “boucher”, il botte en touche et répond qu’il “n’est concerné ni de près ni de loin par l’affaire des 701 kilos de drogue”. Mais au-delà des stratégies de défense individuelle, le régime, comme entité homogène, se charge d’appliquer la gestion la plus apte à étouffer, à terme, le scandale.
Pendant qu’ils n’arrêtent pas de nous tracer des “lignes rouges”, sur le thème du patriotisme, de la sécurité des frontières, de la souveraineté nationale, de l’image du pays, du respect des symboles et des institutions…, c’est dans les institutions que des responsables magouillent sur le dos du pays. Depuis des décennies. Impunément et insatiablement.

M. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER