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contrechamp / ACTUALITÉS

Notre vocation islamiste vue d’Amérique

L’ambassade des États-Unis à Alger, en répercutant à travers son site le communiqué du secrétaire d’État saluant le mois de la fierté lesbienne, gaie, bisexuelle, transgenre et intersexe, et réaffirmant l’engagement de l’Amérique pour leurs droits, s’est attiré une bordée d’invectives de la part d’internautes algériens.
Ce soutien aux LGBTI semble avoir rencontré et indisposé l’intolérance, prédominante, de notre société, vis-à-vis des personnes, concitoyennes ou étrangères, à orientation autre que strictement hétérosexuel. L’islamisme, en reformatant la culture nationale, a conforté le vieux réflexe de rejet qui nous caractérisait jusqu’ici ; il l’a “rationalisé” en le soutenant par de pieux  arguments. La “morale” sectaire, ainsi légitimée, peut, ouvertement, s’exprimer. Or, l’expression de l’intolérance, c’est la haine, et l’expression de la haine, c’est la violence. Verbale ou physique, selon les circonstances.
Dans ce cas, les attaques contre l’ambassadeur américain ont été justifiées par le fait qu’il y a quelques semaines, il a présenté aux Algériens ses vœux filmés de Ramadhan en prenant la précaution de couvrir la tête de son épouse d’un hidjab. Ce faisant, il s’est placé du bord de l’intolérance.
Le fait est que les petits vigiles qui sévissent sur les réseaux se soient sentis en droit d’interpeller une personnalité qui, il y a quelques jours, leur donnait des gages de sympathie pour leur idéologie, et qui, soudain, se met à brandir sur son site un discours qui offense leurs convictions. Des convictions qu’il a honorées en dissimulant la tête de sa compagne dans une vidéo par laquelle il s’est adressé à eux.
En dissimulant la tête de sa compagne, l’ambassadeur est d’abord apparu comme un bon Américain. En même temps qu’il a décidé que nous sommes tous des islamistes ou, au moins, à vocation islamiste, l’ambassadeur veut nous ressembler pour se rapprocher de nous ! Il apparaît alors aux yeux des vrais islamistes comme un Américain estimable, un Américain qui sait que la femme est la femme de l’homme, qui la dissimule à la vue des autres hommes, car la femme, pour elle-même, n’existe pas. C’est cela le sens du hidjab. Pour l’islamisme, il n’y a pas d’autre image concevable que celle de ce couple uni dans un rapport d’appropriation. Toute autre conception revient à violer cette assurance machiste entérinée par un dogme. La virilité masculine appliquée à une féminité servile étant partie constituante de l’ordre du monde, ce serait une menace pour l’équilibre du cosmos que de vouloir multiplier les genres.
Il s’agit donc ici d’une agression doublée d’une trahison. Agression de la certitude masculine et trahison du serment du hidjab du début Ramadhan.
Cette péripétie illustre un paradoxe occidental : l’Occident fait autant pour la prospérité de l’islamisme, et son corollaire le terrorisme, qu’il en fait pour le discréditer et le combattre. Trente ans après, l’erreur d’avoir cru trouver en des combattants fanatisés une cinquième colonne à lancer contre le communisme n’a donc pas servi de leçon aux États-Unis. Il faut encore qu’ils prolongent leur expérience par la prometteuse stratégie des “accommodements raisonnables”.

M. H.


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