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contrechamp / ACTUALITÉS

Octobre 1988, Février 2019


Nous sommes à la veille du trente-et-unième anniversaire du soulèvement du 5 Octobre 1988. Ce jour-là, des jeunes et des très jeunes Algériens sont sortis crier leur rejet d’un ordre qui leur fermait toute perspective d’épanouissement personnel. Un ordre où le principe népotique organisait la promotion sociale et statutaire parmi les générations montantes.
L’intensité de la soudaine révolte eut un effet sidérant sur le régime en place. Celui-ci a commencé par réagir avec la brutalité naturelle d’un système fondé sur la force et qui s’est indéfiniment imposé par elle. Puis, considérant l’origine politique du séisme, il consentit à des réformes institutionnelles. À un système qui se voulait, et se veut toujours, immuable, Octobre a arraché des concessions historiques : la liberté politique et la liberté d’expression avec, leurs corollaires, le multipartisme, la liberté d’association, de réunion et de manifestation, la liberté de presse…
Soutenues par une société civile opportunément révélée après de longues années d’étouffement, ces avancées se sont vite fait admettre dans leur principe. Mais, depuis, les forces conservatrices, dans les institutions et en dehors d’elles, n’ont eu de cesse de les combattre. Soutenus par l’allié islamiste providentiel, les clans du système se sont attelés depuis trois décennies à vider les réformes de 1988-1989 de leur contenu politique.
Le règne Bouteflika peut se résumer, dans son versant politique, à une campagne de démantèlement des maigres acquis démocratiques ayant survécu à l’épisode sanglant et répressif de “la décennie noire”.
Ceux qui ont imposé Bouteflika l’ont fait exprès pour qu’il se charge de conjurer la perspective démocratique ; ceux qui ne l’ont pas fait exprès et ceux qui, malgré leurs convictions démocratiques, l’ont aidé à s’imposer aux Algériens auront fait preuve d’une indigence politique sévère. Comment pouvait-on penser qu’un carriériste de formation tyrannique monolingue pouvait arriver pour approfondir la démocratie et semer le développement ?! Tout ce qu’il acquérait de culture démocratique, il l’utilisait à ruiner le peu d’éléments de démocratie que ses militants ont pu injecter dans nos institutions. Son plaisir semblait résider dans sa capacité à convertir, par la corruption, un maximum de politiciens “démocratisants” à ses dogmes despotiques et à réduire leur univers conceptuel à quelques formules apologétiques en son honneur !
Plus de trente ans après, le soulèvement a gagné en ampleur et en méthode. C’est probablement ces trente années d’émancipation contrariée qui expliquent la nature du mouvement populaire en cours. Désormais, le système est définitivement menacé parce qu’au “coup d’état permanent”, le peuple opposera une “révolution permanente”. Il y a une volonté de réappropriation populaire définitive de la décision. Derrière la revendication politique, l’Algérie vit une révolution culturelle. Les processus de restauration “systémique”, comme celui accompli par le régime Bouteflika ou comme celui qui tente de renvoyer le pays à l’avant-février, ne seront plus envisageables. Le 12 décembre, de quelque manière qu’il se passe, ne sera pas une date de “fin de l’Histoire”. 
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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