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contrechamp / ACTUALITÉS

ONM, FLN et révolution systémique


Le secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine a, à nouveau, appelé à la dissolution du FLN. 
Mieux vaut tard que jamais. Même si, à la vérité, cette prise de position de l’ONM n’aurait pas été possible sans l’avènement du mouvement du 22 février. Ce qui prouve, en passant, que nous nous trouvons réellement en contexte révolutionnaire. Une telle opinion, si elle avait été exprimée par le passé, aurait mené son auteur tout droit vers la déchéance “systémique”. 
Et pour cause, dans la structure du système qui sévit depuis 1962, l’ONM est une “organisation de masse”, satellite du complexe politique FLN.
Même en cessant d’être le parti unique, par la force des réformes de 1989, le FLN a conservé son réseau de succursales communautaires, corporatistes, catégorielles et socioprofessionnelles. Les travailleurs, les jeunes, les paysans, les femmes, les étudiants et…les moudjahidine ne pouvaient collectivement activer qu’à travers leurs “unions” respectives : UGTA, UNJA, UNPA, UNFA, UNEA… 
En plus de mille indus avantages, de la corruption impunie, du certificat de patriotisme, cette facilitation de la carrière constitue l’un des arguments de recrutement du FLN.
Assujettie à la tutelle générale du FLN tout en remplissant sa fonction syndicale catégorielle, l’ONM n’a pas échappé à cette logique rentière. Elle n’a donc pas particulièrement brillé dans sa mission morale, en luttant contre les impostures historiques, celles de dirigeants politiques qui se sont taillé des fables révolutionnaires pour leurs besoins de légitimité ou intervenant dans le scandale des faux moudjahidine, par exemple Nos instances ont été sciemment conçues pour que leur finalité morale y soit neutralisée par l’intérêt matériel de leurs membres. C’est le détenteur de la décision d’allocation de ressources qui, in fine, contrôle le comportement politique et moral des sous-systèmes. Il suffit de reconstituer la progression budgétaire du ministère des Moudjahidine pour se convaincre du rôle de stérilisateur politique que la rente joue dans le système algérien. 
On a même élargi le système de “droits” aux descendants, histoire de s’assurer une obédience héréditaire. Ainsi, la “famille révolutionnaire”, concept popularisé par Zeroual pour parer à la démission en rase-campagne d’un FLN effarouché par l’agressivité du FIS, s’est approprié un label patriotique garanti par le seul critère biologique. Un nouveau rapport, dynastique, à la rente est né. Avec le retour à la prédominance FLN sous Bouteflika, le parti unique s’est adjoint des alliés alibis pour ne pas faire trop unique. Mais rien n’a changé : la rente reste à la fois l’instrument d’attraction et de chantage pour la maîtrise autoritaire des champs politique et social. C’est le détournement privé du symbole de la révolution qui fait l’efficacité de l’amalgame parti-patrie qui a rendu possible cette privatisation clanique de l’Etat. L’ONM a raison de le revendiquer enfin : la restitution du sigle FLN à l’Histoire est une condition de recouvrement par le peuple de sa souveraineté.
Ce sera le gage d’une révolution systémique effective.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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