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contrechamp / ACTUALITÉS

Pendant la crise,la curée continue

Le premier réflexe d’un gouvernement soucieux d’amortir les effets d’une crise financière est de réduire le train de vie de l’État.
Trois ou quatre ans de pression sur ses capacités de financement ne semblent pas avoir convaincu le pouvoir algérien de cette nécessité. Grâce à la solution de l’endettement par la planche à billets, il n’a donc touché ni à ses activités de prestige, comme ces conférences et autres colloques avec prises en charge gracieuses des nombreux invités qui s’y succèdent, ni aux multiples privilèges et autres “mesures d’accompagnement” liés à de très nombreuses fonctions, ni à la flamboyante logistique qu’exhibent plus que n’utilisent nos institutions.  
Mais nos dirigeants ne se contentent pas de ce “faste de fonctionnement”. On apprend qu’ils investissent aussi dans l’amélioration constante de leur confort. Après avoir élargi leur espace de repli de luxe tout en relevant le standing de ses résidences et de ses services, ils entreprennent d’y créer une thalasso de deux cents millions d’euros. Qu’on aménage, qu’on voyage, qu’on reçoive, la règle, là-haut au Club, c’est le standing. Il n’y a qu’à se rappeler l’inauguration du nouveau Palais des conférences du Club-des-Pins qui a tourné à la démonstration de somptuosités. Selon les récentes “fuites”, le programme ne s’arrête pas à ce complexe de captation et de dispense de bienfaits marins ; il est aussi question d’un parc de loisirs à cinq cents millions d’euros où seront édifiés des hôtels de classe internationale, aménagés des terrains de golf, un zoo, etc. Un Disneyland pour adultes de la nomenklatura.
Pour la bonne cause de ces investissements, il faudra peut-être dépecer l’assiette qui correspond à l’ancien parc zoologique de Ben Aknoun. Oh ! L’État en restera toujours propriétaire, et ce ne seront que des concessions pour quatre-vingt-dix-neuf ans ! Formule mystificatrice d’une découpe en règle des moindres recoins de terrain récupérables. L’Algérie, surtout dans sa bande côtière et aux abords de ses grandes villes, est devenue le Far West du foncier, de l’accaparement privatif du patrimoine foncier public. Gageons que la prochaine étape de cette course aux colonies concernera les quatorze hectares libérés par le déménagement des Abattoirs d’Alger et qu’on a retirés à leur première affectation (ministère de la Culture), mais dont le destin est, depuis, entouré du plus grand mystère. Le comble serait de s’attaquer ensuite au parc des Grands-Vents : un territoire acquis auprès de propriétaires privés refera alors le chemin inverse, vers d’autres privés !
D’ailleurs, le processus et les bénéficiaires du démembrement autoritaire du foncier public urbain constituent le secret le mieux gardé de l’activité administrative. C’est au détour d’une photocopie déroutée de demande de permis de construire, qu’on apprend que des affectations ont été opérées dans une totale discrétion.
En plus des fuites, on peut établir un lien entre ces opérations rentières et l’activisme électoraliste qui agitent les milieux affairistes à la veille de chaque nouveau mandat. Les prochains jours politiques devraient nous renseigner sur les prochains heureux élus de la loterie foncière nationale.


M. H.


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1 réactions
Fraternity le 03/04/2018 à 13h37

C'est le syndrome du colonisé, qui consiste à perpétuer la colonisation et vider le pays de ses meilleurs terres. Une fois la terre libérée et recolonisée par les nouveaux colons;les rentiers du système.Pour conforter ses assises, le régime a inventé une nouvelle définition de la propriété sous forme de concession pour cacher sa prédation, qui est un mode de nutrition répandu dans a règne animal. L'ancien ministre de l'industrie est un exemple type de ces prédateurs !

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