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contrechamp / ACTUALITÉS

Périlleuse fuite en avant

Le FMI vient de suggérer au gouvernement algérien de cesser de s’appuyer sur la planche à billets et de diversifier ses formes d’endettement. Le Fonds avait déjà désapprouvé cette solution au moment où l’Algérie l’avait adoptée.
Le ministre des Finances n’a pas apprécié cette “ingérence”. Il l’a fait savoir… aux membres du Conseil de la nation, en comptant sur leur sous-information et leur fibre patriotique pour qu’ils se préoccupent plutôt de ce fait “d’immixtion” au lieu de lire la faillite économique qu’exprime le recours à ce qu’on nomme pudiquement “financement non conventionnel” et les difficultés qu’il promet.
“Bien sûr, leur a-t-il déclaré, ils (le FMI) veulent que l’Algérie aille vers l’emprunt extérieur, mais nous sommes souverains dans notre pays et, en toute objectivité, nous espérons que ce sera comme nous l’avons souhaité.”
Pourtant, c’est bien le rôle de cette institution d’évaluer les politiques économiques des États membres dans le cadre de sa claire prérogative de “surveillance” des évolutions économiques et financières du monde et des États. Et ceux-ci admettent cette “ingérence” du fait même de leur adhésion. L’argument de la “souveraineté” invoqué pour n’avoir pas à donner une réponse technique à la mise en garde du Fonds est de nature spécieuse. La preuve que nos autorités semblent tenir à
cette forme d’endettement
pour des raisons autres qu’économiques est que Raouya s’est contenté de faire dans l’incantation : nous “espérons” que cela sera comme “nous l’avons souhaité” ! Inch’Allah !
À l’évidence, le choix de l’endettement auprès de la Banque d’Algérie est une solution conforme à la gestion approximative et capricieuse des finances publiques à laquelle s’est habitué le régime. Au 31 mars dernier, il avait déjà “imprimé” 3 585 milliards de dinars, dépassant de plus de
600 milliards le tirage prévu pour trois ans (2017 à 2018).
Contrairement à l’optimisme officiel simulé, le Fonds nous prédit une fin d’année par une accélération de l’inflation et un décrochage du dinar. Ce rappel vient au moment où une loi de finances complémentaire, destinée à glaner de nouvelles taxes, continue ses pérégrinations entre gouvernement et Parlement sans parvenir à glaner le complément de recettes fiscales escompté, gênée en cela par la contrainte
de précaution sociale imposée par le populisme électoraliste de Bouteflika.
La fuite en avant se poursuit. Aux assurances du pouvoir répond l’insouciance d’assistés dans laquelle les Algériens ont appris à se vautrer.
D’ailleurs, c’est toujours ainsi que commence, se prolonge et finit la fuite en avant : on fait semblant d’être rassuré et on conserve son air faussement serein jusqu’au moment du krach. “El oued meddih ou houa igoul mahla broudou” (pendant que l’oued l’emportait, il se délectait de sa fraîcheur).  
C’est le prix du pacte tacite qui, depuis vingt ans, organise notre rapport au régime au détriment de l’avenir national : renoncer à notre droit de regard citoyen pour être, en retour, éclaboussés de gouttes de pétrole.


M. H.


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