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contrechamp / ACTUALITÉS

Pétition et démocratie

Elle est remarquable la réaction de l’opinion qui s’exprime à l’initiative de la pétition pour une candidature de Mouloud Hamrouche à la présidentielle de 2019.
La question qu’elle nous arrache n’est pas celle de savoir si elle est politiquement opportune ou si elle est prometteuse en termes de démocratie et de développement. Non, nos inquiétudes portent sur la spontanéité ou non de la proposition : ces “citoyens” sont-ils proches de leur candidat souhaité ? Les a-t-il autorisés ou peut-être leur a-t-il suggéré de procéder à cette démarche ?
Étrangement, il n’y a que le projet de cinquième mandat qui, d’emblée, est perçu comme légitime. On n’a pas pensé à interpeller les zaouïas politisées et auxquelles, vu ce qu’elles sont, on est en droit de répliquer : “De quoi je me mêle ?” ; on n’a pas demandé à Tliba s’il a été mandaté d’appeler à un mandat supplémentaire, on s’est juste offusqué que ce soit ce personnage si peu engageant qui prenne la résolution…
Les Algériens n’ont jamais eu de Président intronisé par la force de leur volonté. S’il y eut, selon les époques, quelques irrédentistes opposants et pas mal d’opportunistes courtisans, le peuple s’est toujours accommodé de dirigeants qui ont le point commun de n’avoir pas fait mystère de leur prédisposition à la répression. Même lorsqu’on a dû leur concéder le droit de choisir leurs candidats, puis leur Président, les conditions devaient d’abord être réunies pour qu’il n’y ait aucune incertitude sur l’issue finale du processus.
Le mérite revient aux luttes démocratiques qui ont jalonné l’histoire du mouvement national et de l’Algérie indépendante, mais c’est Hamrouche, sous la Présidence de Chadli, qui a conduit les réformes qui auraient pu constituer une rupture avec le système autoritaire et policier hérité du coup d’État de l’état-major contre le GPRA. Une rupture précoce peut-être parce que “la tutelle démocratique internationale” n’avait pas encore été confrontée à la problématique islamiste, ce qui nous contraignit à adopter son mode d’emploi pour la première expérience démocratique en terre d’islam. L’effet conjugué de trop de forces centrifuges ne pouvait que faire échouer l’expérience démocratique en question. Pour y arriver, les tenants de la restauration du système autoritaire n’ont pas hésité à assassiner l’un des pères de la Révolution. Aujourd’hui encore, elles s’acharnent contre les reliques de ce printemps démocratique. Qu’en reste-t-il d’ailleurs ? Une pluralité politique et une multiplicité médiatique dévoyées jusqu’au ridicule !
Le peuple n’a pas fini de ne pas choisir ses présidents. Depuis que certains “décideurs” ont eu la bonne idée de le consigner dans des livres, il sait même qui les lui choisit et comment. Le système s’est, depuis, sophistiqué, au point que, paraît-il, ce sera désormais aux présidents de choisir ceux qui les choisiront. Même s’il n’y a pas de démocratie, ce sera “l’État civil”, une espèce de lot de consolation pour les antimilitaristes.
L’avènement d’une telle pétition est significatif de l’échec de notre démocratie, en même temps qu’il est l’expression, une fois de plus, d’une demande pour une alternative à la fatalité de l’autoritarisme, de la fraude, de la corruption et de la répression.

M. H.


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