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contrechamp / ACTUALITÉS

Plus que politique, une révolution culturelle

C’est la semaine noyautage. Après l’échec de l’offensive communication conduite par le Premier ministre et les deux diplomates appelés en renfort, c’est au tour d’associations fantoches, en grand nombre, de passer à l’attaque. Tout en appelant à “un dialogue inclusif”, le mystérieux “coordinateur” de cette mystérieuse union d’associations prétend que son “organisation a refusé la formulation de recommandations pour ne pas être accusée de vouloir récupérer le mouvement populaire”. Le régime n’évolue pas : quand il manigance un coup fourré, il se dénonce en se justifiant avant d’être accusé !   
Pas encore convaincu de l’irréversibilité de la révolution en marche, le pouvoir s’évertue à manœuvrer pour contourner la revendication populaire en y apportant des réponses forcément inadaptées, et donc vouées à être rejetées. Ce faisant, il croit gagner du temps, et mise sur ses aptitudes à gérer le pourrissement et à susciter la discorde.
Tout autre régime aurait entendu une requête si clairement et si fortement scandée en chœur par dix-sept millions de citoyens pour un pays de quarante millions d’habitants. Mais pas le régime
algérien.
Surtout qu’il ne se sent pas particulièrement importuné par ces rendez-vous des vendredis qui commencent à tourner à la kermesse hebdomadaire et dont l’ambiance bon enfant n’a, somme toute, pas d’effet déstabilisant pour sa vie de pouvoir.
Pendant ce temps, il peut préparer le gadget de la semaine, un gouvernement de “jeunes et de femmes” pour cette semaine-ci, tout en faisant la revue des effectifs baltaguis pour les opérations à venir. Ce sera, apparemment, une mission de phagocytage : tout en demandant aux manifestants de “dialoguer”, ils se disent parties prenantes du mouvement !
Si le régime croit encore à quelque impact de ce genre de subterfuges sur le mouvement, c’est qu’il n’a pas saisi sa nature. Il n’a pas saisi que cette révolution n’est pas l’expression d’une simple revendication politique. Il n’a pas saisi que c’est d’abord une révolution mentale qui touche au plus profond de la personnalité de l’Algérien. Le “dégagisme” qu’il manifeste à l’encontre du régime procède d’un réveil universel et concomitant des consciences chez les
Algériens.
C’est un peuple qui se retrouve. Et qui est résolu à recouvrer la souveraineté dont il est spolié depuis l’indépendance et à laver l’humiliation dont il est victime depuis quelques années. Pour cela, il n’a pas à “dialoguer”. Il a juste à se voir reconnaître son statut de peuple souverain et à voir partir ceux qui lui ont confisqué cette souveraineté ; et il a juste à se voir lavé de ces années d’humiliation, à se voir restituer sa dignité par ceux qui l’ont bafouée. En un mot, à voir partir le régime.
Le régime ferait bien d’enregistrer la nature culturelle, identitaire et civilisationnelle de cette révolution. Il ferait bien d’admettre qu’il n’a plus affaire aux mêmes Algériens, aux Algériens qu’il a enchaînés pendant vingt ans.
À moins d’avoir les moyens de les renvoyer à leur condition récente de sujets. Mais il n’est  pas certain que les subterfuges auxquels il est en train de faire appel suffiront.


M. H.


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