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contrechamp / ACTUALITÉS

Pouvoir : le monopole du religieux menacé

Le président du HCI se dit “conscient de l’anarchie qui règne” en matière de fatwas et de discours religieux.
Submergé par la télé-prédication et la web-prédication, le pouvoir s’alarme de se voir concurrencer sur son rôle de gardien de la foi. Parce qu’en instituant “l’islam religion d’État”, c’est un rôle qu’il s’octroie, espérant, peut-être, que cette religiosité déteindra sur l’image du personnel politique et lui attribuera un surcroît de légitimité aux yeux de la population. Il croit que sa disponibilité à l’aider dans sa pratique cultuelle le rapproche du citoyen-fidèle.
Dans ce double statut, la seconde partie du binôme intéresse le pouvoir bien plus que la première. Dès l’école, il entame la mise en œuvre de ce choix en inculquant à l’enfant “les vérités dogmatiques de base” tout en censurant ses “doutes méthodiques” spontanés. En guise de formation civique, l’école organise un formatage pavlovien renvoyant à l’alternative mécanique haram-halal, soutenue en cela par les fatwas… télévisées, postées sur la Toile ou improvisées dans les mosquées, les taxis, les salles d’attente, les cafétérias d’entreprises et d’administration, les palabres de quartiers… Car, à force d’observer la pieuse pratique de conseils autour de soi, tout bon pratiquant a tendance à vouloir prendre sa part dans l’éducation de ses “frères et sœurs”.
À l’école, le processus de fanatisation et de répression de la réflexion et de l’autonomie, de la citoyenneté en somme, se poursuit jusqu’à l’adolescence. La philosophie, faute d’être prohibée, est enseignée comme un recueil sélectif de recettes. Et jusqu’à l’âge adulte, le dénigrement, politiquement programmé, des sciences humaines, couplé à une apologie exclusive des sciences exactes, concentre l’effort des apprenants sur les questions physiques et  les éloigne des questions humaines et philosophiques. Ainsi, un écolier-lycéen-universitaire algérien peut arriver à soutenir un doctorat en sciences de l’univers sans jamais avoir eu à assumer un débat sur l’existence de Dieu.
Au quotidien, le pouvoir joue les facilitateurs dans notre vie religieuse. Outre le soutien financier au hadj, les facilitations accordées à la construction de mosquées, il “ne ménage aucun effort” pour nous rendre moins pénible le jeûne du Ramadhan : horaires de travail aménagés, approvisionnement accru en produits alimentaires, double journée chômée et payée pour l’Aïd… Nos dirigeants s’attendent à ce que cet effort visant à nous soutenir dans notre pratique religieuse se traduise, pour eux, par un regain de popularité.
D’ailleurs, ils ne manquent pas de nous rappeler que l’attention qu’ils prêtent à nos soucis découle directement d’une dévotion. Et leurs discours sont truffés de pieuses formules. Ce qui leur permet de relativiser la part de l’intervention de l’homme, du dirigeant, dans notre condition de citoyens.
Le pouvoir a beaucoup investi pour se réapproprier l’argument religieux, un temps monopolisé par les partis islamistes assumés. Notamment en intégrant les activistes islamistes à son système politico-affairiste. Mais, voilà qu’une fois, l’arme de la religion récupérée, elle lui est à nouveau disputée par des forces incontrôlées agissant à travers les médias audiovisuels et sociaux. Branle-bas dans l’état-major religieux !


M. H.


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