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contrechamp / ACTUALITÉS

PPP : privatisation au… gré à gré

Tout en louant les vertus de l’économie de marché et en proclamant son irréversibilité, Ouyahia rassure les concessionnaires engagés dans l’“importation déguisée” de l’automobile : vous n’aurez pas de concurrents.
Et avec un cahier des charges, il les encadre de manière si détendue, en termes de règles industrielles, laissant le choix des sanctions à l’appréciation circonstancielle de l’administration, les privilégiés de la filière sont déjà servis. Maintenant qu’il opère en terrain clos, l’oligopole — un monopole à cinq — de l’automobile aura tout le loisir d’organiser sa prospérité dans son inaccessible chasse gardée.
Un millier de produits ou plus viennent d’être justement interdits à l’importation légale. Ce qui permettra aux “automobilistes” de disposer, en priorité, du potentiel monétaire de l’État pour leurs opérations. Et comme certains d’entre eux l’ont montré par le passé, dans ce gros marché d’importation, on ne fait pas dans le détail, si l’on peut dire.
C’est encore au nom de l’inéluctabilité de l’économie de marché, remise au goût du jour par le
krach pétrolier, que le Premier ministre et les partenaires sociaux — UGTA, FCE et autres clubs patronaux — ont signé une “charte sur le partenariat publics-privés” visant à instituer une espèce de “privatisation majoritaire”, faute d’une franche relance de la privatisation des entreprises publiques encore en activité. Cela aurait fait mauvais effet de l’assumer tout de go au moment même où l’on apprend que l’imprimerie de la Banque d’Algérie a commencé à fabriquer les premiers vrais faux billets destinés au “financement non conventionnel” d’on ne sait plus si c’est l’économie ou le budget. Tant le discours sur l’économie, les finances publiques et les règles monétaires est élastique.
Et pour ne pas faire peur aux susceptibles défenseurs du secteur d’État, on prévient que, dans un premier temps, le PPP ne touchera que les PME publiques. En attendant de connaître le contenu intégral de la charte — un terme, au demeurant, évocateur —, on ignore si les critères des choix des entreprises cibles, sinon proies, de cette opération sont précisés. Ou si, comme pour le cahier des charges de l’industrie automobile, la conformité du processus et ses sanctions éventuelles seront laissées à l’approximation de l’administration ?
Avec la compression du budget, les marchés publics s’amenuisent. Mais il faut bien leur trouver des substituts pour perpétuer cette forme d’allocation privative des ressources publiques. La clientèle oligopolistique sera donc rémunérée par ce biais. Elle s’accordera de grosses portions d’entreprises publiques par des prises de participation financées par… les banques publiques. Des prises de participation… au gré à gré, très certainement. Cette rente de substitution a fait jubiler la coterie dont certains membres ont vu dans cette charte “un moment historique” !
Nous sommes loin de quelques éléments de politique économique. De marché ou pas. L’économie de marché, qui s’écrase contre le fonctionnement, disons sélectif, du Conseil national de l’investissement et contre la barrière du 51/49, a bon dos pour justifier ces innovations dédiées au seul entretien de la logique rentière et clientéliste du régime.

M. H.


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