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contrechamp / ACTUALITÉS

Presse : le facile souffre-douleur

Au lendemain de la mise en garde du ministère de la Défense contre les manipulations médiatiques du discours de Gaïd Salah, un professeur d’université, Laradj Slimane, s’est proposé pour enfoncer les médias en attestant, du haut de son statut universitaire, du caractère “erroné” fait par les médias. 

“Les médias ont échoué à faire la lecture d’un discours”, s’autorise, expéditif, l’universitaire, semblant ne pas avoir vu que le MDN lui-même en a reconnu la méprise au point de se contraindre à diffuser, le lendemain de l’allocution du chef d’état-major, un véritable contre-discours. Ce post-scriptum visait sûrement à atténuer la rigidité initiale, mal accueillie par l’opinion, de son parti pris pour une “transition constitutionnelle”. Mais cela, c’est l’affaire de la source communicante, qu’elle ait rectifié un avis mal formulé ou qu’elle ait changé. On peut même comprendre qu’elle ait trouvé plus facile de se défausser sur la presse après ce flottement communicationnel. C’est une manière courante et assez générale de se 
dédire.
Ce qui est moins courant, c’est le témoignage à charge spontané (?) et inopportun venant d’un universitaire. “L’interprétation de la presse est erronée”, décrète-t-il. S’ensuit un témoignage à décharge de l’expert : “Il n’y a pas d’ordre de l’armée (à la justice) !” Ajoutant l’argument au 
verdict : “Tout le monde sait que la corruption était partout et touchait même les institutions au sein de l’État algérien.” Ah ! la découverte ! 
Fort d’être du bon côté de la controverse, Laradj Slimane se risque à un conseil didactique : “Un discours ne s’interprète pas à partir d’un seul mot mais dans sa globalité.” Ah  non ! L’abc de la méthodologie impose que l’on aille du particulier au général. Pas comme dans votre procès où vous parlez des “médias” dans leur globalité ! Passons sur les insinuations infâmes, “globalisantes”, sur les “otages des intérêts et la recherche du gain”.
Pas un mot sur l’intempérance d’un discours bâti de phrases à tiroirs, sans discipline syntaxique, rendant l’exégèse tributaire du moindre déplacement de virgule dans la transcription.  Or, le choix de la forme est essentiel, parce que c’est au communicant d’assumer les risques liés à l’interprétation de son discours. Car, “ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément”. On le sait depuis que Boileau a énoncé ce principe qui vaut un traité d’intelligibilité. Mais le professeur n’oserait pas une appréciation, même “globalement”, comme il nous le préconise, sur le discours de l’autorité. Il préfère se perdre en contradictions : ainsi, on ne saura pas s’il est pour “continuer avec la Constitution” ou si “la solution n’est pas forcément avec les personnes qui sont actuellement à la tête du pays…”.
“Quant à Bensalah, il ne faut pas résumer les questions d’État à des personnes.” Allez interpréter une telle inanité ! 
Certes, la presse a vocation à jouer les souffre-douleur. C’est pour cela que lorsqu’à l’occasion, le pouvoir vient l’accabler pour cacher ses faiblesses, certains opportunistes, y voyant un providentiel marchepied, en profitent pour se faire les dents et s’exhiber sur son dos. 


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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