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contrechamp / ACTUALITÉS

Presse : liberté contrôlée

À l’occasion de la Journée de la presse maison, le président de la République a adressé un message à la corporation.
La lettre est élogieuse. Sur le rôle passé des journalistes dans la lutte de Libération. Sur leur place récente de la presse publique dans l’édification du pays aussi. Sur sa situation actuelle, le compliment est plus difficile à décoder, la corporation n’ayant pas toujours bénéficié d’une appréciation générique. Une grande partie était plutôt regroupée dans le lot de “tayabet el hammam” et “terroristes de la plume”.
L’observation s’impose quand on se rappelle que, depuis l’avènement de la présidence Bouteflika, la liberté de la presse n’a pas toujours connu l’attention qu’elle semble enfin susciter.
Mais, c’est ainsi, le régime a fait de l’amnésie comme un de ses fondements. Dans la philosophie de la “réconciliation nationale”, l’oubli est élevé au rang de devoir patriotique ! Dès sa version expérimentale, dite “concorde civile”, mise en œuvre en janvier 2001, le terroriste Ahmed Benaïcha, émir adjoint de l’AIS, a pu, dès la fin de cette année-là, traîner en justice le directeur d’El Khabar pour l’avoir traité de “terroriste”. Ce qui lui aurait, se plaignait-il, “causé des préjudices moraux !” 
Ce triste épisode de l’histoire récente de la presse annonçait une longue période de répression. La promulgation de l’article 144 bis du code pénal, laborieusement amendé à l’épreuve du terrain, allait couronner une nouvelle ère d’épreuves par la liberté d’expression. Le harcèlement judiciaire, l’intimidation policière, la création d’une presse de complaisance financée par la gratuité de l’impression et l’orientation politique de la publicité institutionnelle ont fait qu’à la phase de terreur et d’assassinats a succédé le temps de la répression modulée.
Avec une démarche, maintenant éprouvée, qui consiste à célébrer le principe et à manipuler la méthode, le pouvoir peut même prévaloir qu’il a fait progresser la communication et la liberté d’expression. Ainsi, il peut se prévaloir d’avoir promulgué une loi qui organise l’activité audiovisuelle alors que le paysage télévisuel qui en est né est composé de chaînes dites privées à statut offshore.
Fort de l’expérience de la presse écrite qui, malgré toutes les embûches, a su continuer, pour partie, à cultiver la quête de vérité ou à produire un discours critique, le pouvoir a su s’entourer d’un maximum de “fermetures” dans son œuvre d’ouverture audiovisuel. Cette prudence s’observe dans la lente minutie dont il fait preuve dans la mise en place de “l'Autorité de régulation de la presse écrite” pour laquelle le Président a encore appelé le gouvernement. Si elle doit ressembler à “l’Autorité de régulation de l’audiovisuel” dont les membres, chargés, entre autres missions, de surveiller le détournement partisan des chaînes publiques, s’emploient à réaliser des documentaires de campagne politique !
En exhortant “la famille de la presse algérienne à être au service des intérêts suprêmes de notre patrie”, le Président désigne un point de consensus d’un journalisme bien compris. Or, l’intérêt suprême de notre patrie réside, en matière de communication, dans le journalisme émancipé de la tutelle politique et déontologique.


 M. H.


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