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contrechamp / ACTUALITÉS

Privatisation et transparence

En résumé, “la Présidence” est bien intervenue pour recadrer le processus de privatisation décidé par l’accord de PPP sans en remettre en cause le principe.
Ce que l’instruction présidentielle apporte de nouveau, en effet, est que le chef de l’État devra avaliser la liste des entreprises et unités cessibles et celles de leurs acquéreurs, conformément à la loi 01-04 d’ailleurs. En terme de transparence, cela ne nous avance pas beaucoup : au lieu de s’accomplir au niveau du CPE présidé par le Premier ministre, l’opération connaît un niveau de ratification supplémentaire, celui du Président.
On ne voit pas en quoi l’instruction apporte, comme l’atteste “la source autorisée”, “un surcroît de transparence, d’équité et d’efficience de ce partenariat public-privé, souvent sujet à des suspicions et d’interprétations abusives l’assimilant à un bradage du patrimoine public”. Déjà, la forme même que prend cette démarche de clarification n’a rien de transparent : la pensée et l’intention du Président sont explicitées par “une source autorisée” dont “la qualité” est confirmée par l’agence de presse officielle. C’est l’APS qui connaît donc “la source autorisée” et celle-ci est réputée “être qualifiée pour attester que c’est bien le Président qui a émis la directive en question et qu’en plus il l’a chargée de nous l’expliciter !”
Nous voici donc affranchis grâce à l’intervention d’une “source autorisée” — à parler au nom du Président — mais contrainte à l’anonymat. Pourquoi cet anonymat ? Probablement parce que son intervention est significative de dysfonctionnement institutionnel.
Cela dit, “le bradage du patrimoine public”, dont le pouvoir craint d’être accusé, ne constitue pas, aujourd’hui, le tort le plus grave d’une initiative de privatisation. On ne peut que convenir avec Ouyahia que l’illusion d’une “économie socialiste” performante a vécu. Mais le mode de gouvernance ploutocratique en vigueur est plutôt porteur du risque d’une répartition arbitraire de ce patrimoine au profit d’une oligarchie rentière. Il n’y a pas de raison que la logique de prébende qui a marqué la gestion des autorisations d’investissements et la gestion des marchés publics ne récidive pas quand il s’agira de gestion d’un programme de privatisation.
En matière de transactions économiques, la transparence est assurée par des règles bien établies : dans le cas de la privatisation ou du partenariat sociétaire, les appels à la concurrence et l’introduction en Bourse, par exemple, constituent des moyens plus indiqués que la décision politique pour assurer la rentabilisation financière et la crédibilisation morale de l’opération.
Ce n’est pas ce que prévoit la loi 01-04, certes. Mais justement, si l’esprit des lois constitue une “constante”, l’expérience est faite pour en améliorer la lettre. Sinon, après la mise au point méthodologique, rien n’empêche le dépeçage du patrimoine économique de reprendre.
Dans tout processus, ce sont les règles de transparence, connues, qui assurent cette transparence, pas la nature des institutions qui y interviennent.


M. H.


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1 réactions
Fraternity le 22/01/2018 à 15h23

La privatisation, dont le gouvernement se gargarise, est une guerre mafieuse acharnée, qui se déroule dans l'opacité dans salons de la présidence pour le partage du patrimoine public. Deux clans se battent: le clan de la présidence à sa tête Said Bouteflika, le syndicat patrons-maison Haddad et l'autre clan de Moh-la triche, Tahkout et autres... L'initiative précipitée de partage-privatisation de Moh-la triche n'était pas du gout de Said Bouteflika, ce qui explique son appel à l'ordre !

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