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contrechamp / ACTUALITÉS

Protectionnisme communicationnel

La vidéo de la journaliste algéro-belge fustigeant le fait que Bouteflika s’éternise au pouvoir malgré son état de santé a mis l’appareil du pouvoir dans tous ses états.
Certes, dans la forme, son auteure n’y est pas allée avec le dos de la cuillère. En particulier, lorsqu’il s’agit de décrire l’état physique du Président et de dénoncer son statut d’otage de clans. Mais, n’était-il pas prévisible que de perdurer à la tête de l’État dans de telles conditions l’exposait et exposait l’institution aux objections les plus exaspérées, d’une part, et aux risques de quolibets, d’autre part ? Car, dans le fond, l’intervenante n’a fait qu’avancer ses convictions propres, contestables peut-être, quant aux motifs de cet allongement infini de règne et ses arguments pour un urgent fin de règne.
La réaction de l’ambassadeur d’Algérie à Bruxelles a montré, par son choix sémantique, que la vidéo en question a eu l’effet sur le pouvoir de l’irriter au point de lui faire perdre son sang-froid. Son communiqué renferme, pesamment mêlées, une algarade à Layla Haddad et une protestation auprès de l’Union européenne pour avoir prêté ses locaux à l’enregistrement. Car, si la représentation diplomatique a décoché une salve de détractions visant, sûrement, à décrédibiliser l’auteure de la vidéo, elle n’a pas manqué de tenir l’UE pour fauteur d’incident diplomatique et de la presser de se prononcer sur le fait, voire d’y réagir.
C’est devenu une règle de conduite de notre pouvoir de ne laisser passer aucune observation qui pourrait déprécier le comportement et les actions de ses membres. Et sa diplomatie semble instruite pour riposter, coup pour coup, aux commentaires qui le désobligeraient, qu’ils viennent de représentants d’États partenaires, d’ONG, d’organisations multilatérales ou d’instances de l’ONU.
Le pouvoir ne rechigne jamais à relayer, à l’intention de l’opinion locale, les bons points que lui distribuent, à l’occasion, la Banque mondiale, le FMI pour sa gestion financière ou le Département d’État américain pour sa contribution dans la lutte contre le terrorisme, par exemple. Mais il manifeste toute son intolérance au moindre commentaire réprobateur. Et pour bien marquer cette imperméabilité à la critique, il a adopté une véritable stratégie de dramatisation qu’il met en œuvre au moindre reproche.
En fait, cette politique est le versant diplomatique de son aversion locale à la liberté d’expression. Ainsi, au moment où l’opinion se demande d’où est venu le culot à cet importateur de viande de vouloir introduire sept quintaux de cocaïne, ce sont les journalistes et lanceurs d’alerte autour du scandale qui sont arrêtés ! La démarche même dans le traitement de l’affaire de la vidéo montre que le pouvoir veut littéralement imposer à l’UE le principe d’interdire aux journalistes accrédités de s’exprimer à partir de son siège sur d’autres sujets que les activités de l’Union !
Ce huis clos informationnel dans lequel le régime veut se réfugier a déteint sur tous les responsables, à tous les étages du pouvoir  Avant-hier, le P-DG de Sonatrach, irrité par les commentaires autour de l’affaire Augusta, s’écriait : “De quoi se mêlent les étrangers ?!”
Dans un monde mondialisé, nos responsables restent les derniers à refuser que la mondialisation communicationnelle puisse s’appliquer à leurs petits prés carrés !

M. H.


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