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contrechamp / ACTUALITÉS

Quand les étudiants marchent…

“Quand le bâtiment va, tout va.” On est tenté, mimant ce cogito des économistes, d’avancer le  suivant credo des révolutionnaires : “Quand les étudiants marchent, tout marche” !

Et hier, les marches étudiantes, dans toutes les villes universitaires, ont rappelé, une fois de plus, la détermination de la jeunesse algérienne à aller au bout de sa revendication. Et les slogans dessinent les contours d’une revendication qui ne souffre d’aucune ambiguïté : refus de l’élection du 4 juillet, État civil et non militaire, justice indépendante… 
Des slogans qui, comme on le voit, résument le projet de rupture politique et qui répondent opportunément aux questions nées de la confrontation du mouvement avec la résistance conservatrice. Un peu comme si les jeunes manifestants s’attachaient à recadrer une révolution dont le pouvoir s’emploie, fréquemment d’ailleurs, à reformuler les objectifs. 
Avec leur retour sur le terrain, les avocats participent, de leur côté, à insuffler un nouveau départ au mouvement. Sans doute qu’encouragée par ce regain de mobilisation, la révolution pacifique marquera un point d’orgue pour ce vendredi XIII. 
De son côté, le pouvoir semble en expectative : il hésite à revenir sur une élection présidentielle constitutionnelle compromise dans sa faisabilité comme dans sa légitimité, mais est confronté à une mobilisation populaire qui plaide pour l’entame rapide d’une transition pour le changement de système et qu’il ne peut pas ignorer.
La feuille de route de Bensalah et de Bedoui est devenue sans objet. En plus d’être irréaliste dans les conditions actuelles, l’élection du 4 juillet est massivement rejetée par les Algériens. Même l’idée de “dialogue” défendue par l’autorité intérimaire ne se justifie plus, les partenaires politiques du régime étant discrédités par leurs pratiques passées occultes. 
Ainsi, comme il nous l’a lui-même appris, c’est le chef du MSP qui a initié la rencontre avec Saïd Bouteflika pour lui préconiser la meilleure manière de prolonger la vie du régime, tout en sachant que c’est ce dernier qui agit en lieu et place de son frère président. 
Sans l’incarcération de Louisa Hanoune, qui semble avoir élargi le cercle de la peur, il n’est pas sûr que Makri ait fini par s’expliquer sur ces discrets conciliabules qui, avec d’autres machinations, ont marqué les derniers jours du “cercle présidentiel”.
“El harbou khidaâ.” C’est une maxime prisée par les islamistes en ce qu’elle les autorise à user de toutes les forfaitures quand elles sont exécutées pour servir leur cause. Ce n’est pas  à une telle “opposition”, plus rompue à l’intrigue et à la tractation mercantile qu’à la négociation politique transparente, de porter les revendications d’un authentique mouvement populaire. 
Ces ententes secrètes entre partis, sectes et forces informelles et institutionnelles sont caractéristiques de la vie politique du pays depuis l’avènement du multipartisme. La rupture avec le système doit englober la rupture avec ces pratiques politiques souterraines dont on ne mesure qu’après coup les dégâts et les dangers sur l’état de la nation.
Pour une fois que le peuple a décidé de dessiner sa perspective par lui-même, il serait bien plus simple de le laisser faire en toute souveraineté


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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