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contrechamp / ACTUALITÉS

Quel nom pour quelle crise ?

Le FMI a beau alerter nos dirigeants sur les effets du financement non conventionnel, ses avertissements sont sans effet.
Plus que l’abondance rentière passée, la planche à billets semble les avoir confortés dans leur insouciance. Cette année, le pouvoir a même porté le tirage au-delà du niveau prévu. Il a aussi décidé de rembourser les quelques  obligations détenues par les citoyens et institutions, un peu comme s’il voulait n’être redevable qu’à la Banque centrale. C’est-à-dire à…lui-même. Car au point où en est l’indépendance de la Banque d’Algérie, le pouvoir est près de croire que cet endettement ne l’engage qu’envers soi.
C’est même cette raison — la liberté de fabriquer de la monnaie et d’en user presque sans restriction — qui lui a dicté le choix de ce mode de financement que nos stratèges présentent comme le choix de la souveraineté !
Ce sentiment de confort s’est renforcé avec les avantages de début de cycle que présente la solution de la planche à billets. Le FMI le confirme d’ailleurs : on doit s’attendre à une augmentation du taux de croissance pour 2019. Avant que la courbe ne prenne la direction décroissante l’année suivante. Sauf relèvement significatif du prix du pétrole d’ici à 2020, les difficultés sont à venir. Et le pari est risqué. Surtout avec un Trump qui, à ce sujet, veille au grain et semble prêt à y mettre les moyens. De pression.
Le régime algérien s’est donc pris une assurance pour 2018-2019 sans trop se soucier de l’après. La planche à billets aura alors probablement servi à financer une éclaircie passagère dans une crise durable. L’enjeu étant de désamorcer une crise financière qui, sans cela, pourrait susciter des problèmes sociaux. Et se transformer alors en crise politique.
De fait, et en toute rigueur, il n’y a pas de crise économique. Le pouvoir a fait le choix, depuis deux décennies, d’un fonctionnement rentier de l’État et de la société. Un fonctionnement qui, pour faire simple, ne se base pas sur un mode de production économique de la richesse, mais sur la consommation passive de ressources naturelles. En termes culturels, c’est une situation qui correspond à l’âge primitif de l’économie. Et même là, il fallait “aller” à la chasse ou à la cueillette. Il n’y avait pas de “majors” pour leur sous-traiter l’exploitation des ressources naturelles dont on aurait la propriété.
N’ayant pas eu de politique de développement d’une structure économique, l’Algérie ne peut connaître l’épreuve d’une crise économique. Ou plutôt elle est en crise économique permanente, une crise que voilait la rente. On n’a pas une crise de mévente, de surproduction, de pénurie de facteurs de production, de reflux de la demande... Enfin… une de ces complications qui peuvent venir mettre en difficulté, en crise, un appareil économique. L’appareil en question n’existe pas.
Cette crise de ressources, le pouvoir l’appréhende d’abord dans ce qu’elle pose un problème politique : elle le prive de son trésor de guerre providentiel. Et comme il ne s’est jamais projeté dans une économie sans rente, sans pétrole, il ne peut que fabriquer de l’argent en attendant que le baril renchérisse. Et en attendant la reprise ou la catastrophe, l’urgence est de passer le gué de 2019.


M. H.


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