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contrechamp / ACTUALITÉS

Questions autour des caisses sociales

Le ministre du Travail nous annonce que la CNR “vit une situation catastrophique”. Quelques semaines après le “scandale” décrié de la carte Chifa que des assurés, supposément aidés par d’indélicats médecins et pharmaciens, prêtent à des non-assurés, voici donc le scandale du péril que les retraites font peser sur les finances de l’État !
Pourtant, les causes, énoncées par le ministre, de ce déficit, la retraite proportionnelle et la retraite anticipée, n’existent plus. Et un début de mesure sanctionnant les retraités a même été mis en œuvre : la réduction à un niveau symbolique de l’augmentation annuelle des niveaux de pensions. À part l’intention d’accabler et de complexer les bénéficiaires de la retraite anticipée ou proportionnelle, le ministre ne nous dit pas si ce “trou” de caisse dû à un régime de retraite passé va s’aggraver ou pas, maintenant que les conditions de départ à la retraite ont changé. Ou s’il continuera tout de même à croître.
Il ne nous informe pas, non plus, sur la manière dont le gouvernement compte solutionner le problème à long terme. Ces assauts contre les droits sociaux des travailleurs et des retraités commencent à devenir récurrents de la part d’un pouvoir qui, après mené les caisses au bord de la faillite, voudrait en incriminer les affiliés. Il nous fait partager les effets de sa gestion mais nous cache bien la manière dont cette gestion est conduite... De la gestion de la Cnas, on ne sait que le supposé “trafic” de la carte Chifa, mais rien du montant de dépenses en devises correspondant aux prises en charge “politiques” au profit des privilégiés du régime, rien sur le niveau de contribution de la Cnas au financement d’une médecine dite “gratuite” mais, en fait, largement financée par les cotisations des travailleurs et assurés libéraux.
De la même manière, en matière de politique de retraite, se pose la même question de transparence. En plus d’une question de grave injustice que suscite le mystérieux Fonds spécial de retraite. Depuis 1983, ce fonds, à la consistance et à la gestion occultes, est consacré à la retraite différenciée des cadres de l’État (et du Parti, comme le voulait le système de l’époque).
Le ministre du Travail, qui trouve “inconcevable une retraite à moins de soixante ans”, n’est sûrement pas choqué par l’existence de cet instrument de discrimination sociale entre les retraités de la hiérarchie politico-administrative et le commun des retraités algériens. Ni ne se pose la question des moyens de son financement.
Le décret 83-816, qui organise la retraite de l’encadrement du secteur public, autorise les hauts fonctionnaires nommés par décret, mode de nomination élargi jusqu’au niveau de sous-directeur, à partir en retraite après, au plus, vingt ans de travail et dix ans de décret.
La plupart y arrivent bien avant la cinquantaine. Et peuvent partir avec une pension indexée sur les salaires des homologues en fonction. Mieux : celui qui est rappelé en poste, cumule la pension et le salaire. Ce curieux fonds qui, pour une part, vise à organiser la solidarité politique des cadres avec le système, bénéficie de la discrétion d’un programme nucléaire. Ce n’est même pas un chapitre identifié et assumé du budget de l’État.

M. H.


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