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contrechamp / ACTUALITÉS

Ramadhan : jeux et enjeux autour des prix

Le ministre du Commerce se tracasse pour nous assurer un menu de Ramadhan à bas prix. Et comme l’a montré la chaîne El-Djazaïria en marge de sa visite au marché de gros des Eucalyptus, les commerçants ne le laissent pas se démener seul : ils participent volontiers à la mise en scène de cette inquiétude politique en affichant le prix de vingt dinars sur les pommes de terre et les carottes jusqu’à son départ.
Cette effervescence pré-ramadhanienne est une coutumière affaire politico-médiatique. Elle ne concerne que de loin les citoyens-consommateurs qui, eux, connaissent les règles du jeu. Intuitivement, ils savent que les prix sont le produit de la confrontation entre des mœurs de consommation et une offre. Et que cela vaut pour le mois de Ramadhan comme pour le reste du temps. Quand, il y a quelques mois, la viande a subitement augmenté d’un quart de son prix, les Algériens les moins nantis y ont adapté leur régime sans faire de scandale. Et pour le Ramadhan de cette année, ils savent déjà que l’offre sera plus restreinte que par le passé, le ministère du Commerce ayant rétréci la liste de produits alimentaires importables.
Des médias, préoccupés d’innocenter le pouvoir de la cherté des prix, accablent d’imaginaires les spéculateurs coupables du crime de tirer égoïstement les prix vers le haut. Ils sont assistés en cela par d’authentiques experts économiques qui, pour les besoins de la promotion du discours populiste du gouvernement, nient ainsi l’empire de la loi naturelle du marché, de l’offre et de la demande sur laquelle se fonde leur science. Et nient aussi la loi nationale qui libère les prix des produits non subventionnés, ainsi fixés en dehors de toute intervention des pouvoirs publics. À son tour, le pouvoir leur renvoie l’ascenseur de la mystification en leur promettant des escadrons d’inspecteurs qui iront à la chasse aux prix élevés. Il n’y a pourtant que deux manières d’alléger le budget alimentaire des ménages pour un gouvernement : augmenter la disponibilité des produits correspondant à la demande ou augmenter les revenus des ménages.
Il y a aussi une troisième solution mais dont l’application dépend du consommateur lui-même : ne pas se faire entièrement prisonnier d’un modèle de consommation. Or, celui-ci n’est “culturellement” pas discutable, étant aussi sacré que “le mois de la retenue” qui l’inspire. Et l’État n’a que le choix d’assister ses citoyens dans le respect de leurs pieuses traditions. Comme il le fait pour le reste des pratiques liées à la dévotion populaire.
S’il leur adapte même le temps de travail légal pour le Ramadhan, ce n’est pas pour exiger d’eux d’adapter leur consommation à l’offre alimentaire du marché. On le voit : c’est moins facile de boycotter un condiment réputé incontournable pour le jeûneur que de faire semblant de boycotter des véhicules. Et même là, ce n’était qu’un jeu de connivence entre un ministère n’ayant pas prise sur la politique économique du pays et un public qui pratique une dérision de compensation.  
Plus que quelques jours d’angoisse et ça va nous passer. Au pre≤mier f’tour. On ne se plaint pas du prix de la courgette quand on sait apprécier le bourek à la crevette.

M. H.


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