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contrechamp / ACTUALITÉS

Réconciliation par-ci, abomination par-là

Instruit par le Président ou anticipant son empressement envers “les enfants égarés” de la nation, le Premier ministre a renouvelé, dans la foulée de son plan d’action, le sempiternel appel aux terroristes pour qu’ils “retournent dans leurs familles”. La charte pour la paix et la réconciliation nationale constitue une source illégale d’impunité pour les terroristes. L’ordonnance de mise en œuvre de la charte, promulguée le 27 février 2006, a, en effet, fixé un délai de six mois aux terroristes “n’ayant pas de sang sur les mains” et désirant bénéficier des privilèges de la “réconciliation nationale”. Plus de onze années plus tard, le pouvoir continue à leur dispenser son impunité sans fondement juridique, le délai de rigueur étant échu à… fin août 2006 ! L’immunité à perpétuité dont jouissent les terroristes qui le veulent bien, s’applique sans considération de la nature des faits dont le “repenti” s’est fait l’auteur. Jusqu’ici, “le sang sur les mains” n’a privé aucun terroriste qui a fait la demande de son droit à l’exonération de justice et aux privilèges statutaires et matériels.
En ne respectant pas le délai d’application inscrit dans la loi et en faisant bénéficier aussi les terroristes aux “mains tachées de sang”, le pouvoir a fait de la charte un véritable piège tendu aux principes de vérité et de justice. En tout état de cause, on ne peut indéfiniment étouffer le désir de justice et le besoin de vérité quand il frappe ainsi une grande part de la société.
Cette attention assidue pour les potentiels “repentis” contraste avec le pilonnage régulier des mouvements pour l’autonomie kabyle. Ouyahia affiche régulièrement l’hostilité qu’il voue aux animateurs de la démarche dissidente. Le pouvoir est d’ailleurs abondamment relayé sur les réseaux sociaux par ce sectarisme ordinaire nourri à un anti-kabylisme et un anti-berbérisme primaires qui trouvent leur source dans les premières compromissions du mouvement national avec le panarabisme.
Des “patriotes”, qui n’osent, par ailleurs, pas demander des nouvelles de Hattab, s’acharnent contre Ferhat Mhenni, parfois un déluge d’outrages qui, par son intensité, traduit la haine que suscite son long combat plus qu’il n’exprime les reproches qu’on lui ferait. Dans ces questions autour de l’identité, le pouvoir a toujours poussé la frange fanatisée de la société, volontairement ou involontairement ignorante de sa filiation identitaire, à persécuter ceux qui contestent le fait accompli arabo-islamique. C’est cette stratégie du harcèlement calomniateur et totalitaire qui est à l’origine de l’éclosion des idées d’autonomie et d’indépendance dans l’esprit de militants désespérés de faire entendre leur souffrance de ce déni d’existence.
Par la loi du plus fort, Aqmi serait devenu moins redoutable que le MAK. Peut-être parce que l’ex-GIA-GSPC veut emporter tout le pays vers les ténèbres de l’empire obscurantiste et que le MAK veut sanctuariser la partie du pays pas encore métastasée par le cancer islamiste. Au premier, qui ne serait qu’une colonie d’égarés, il faudrait proposer notre fraternelle “réconciliation”, et au second, qui serait une légion de traitres, il faut opposer notre haineuse brutalité !


M. H.


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