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contrechamp / ACTUALITÉS

Régime au long cours et à courte vue

C’est comme s’ils ne savaient que cela : vendre des hydrocarbures et dépenser. Nos dirigeants sont d’une remarquable constance dans leur attachement à cette forme de pratique économique, Verbalement, il est parfois question d’exploiter, enfin, le filon du tourisme, de relancer l’agriculture, de créer un pôle de biotechnologie-pharmacie, d’investir dans les technologies du futur, de développer les… énergies renouvelables… Mais nos gouvernants oublient vite ces projets gadgets de circonstance et reviennent invariablement aux valeurs sûres : le pétrole et le gaz !
L’État ne peut investir dans des secteurs de production parce que le pouvoir ne peut pas semer et attendre que les graines germent. Il n’a pas le temps de se projeter sur des années, de planifier, de réaliser et d’attendre l’entrée en production de ses projets ; chaque année, c’est le budget de l’année suivante qui le préoccupe. Il ne peut, non plus, accorder aux Algériens la liberté d’investir qu’il réserve à ceux qui constituent sa petite nomenclature. Mais, d’un autre côté, ceux-là n’ont pas besoin d’investir : une partie du budget est déroutée vers leurs comptes à travers les marchés publics de gré à gré. Et quand ils investissent, ils le font à l’étranger. Cette discrimination politique et clanique dans le domaine de l’investissement a valu à l’Algérie de figurer à la 156e place (sur 159) en matière de liberté économique dans un récent classement établi par un institut canadien indépendant. Derrière la Syrie et la Libye, entre autres !
Revenons donc au pétrole. Les compagnies pétrolières boudent les appels d’offres algériens pour l’exploration, l’exploitation et la production à cause d’une loi qui ne les arrange pas. Qu’à cela ne tienne : on la change. Plus de taxes sur les superprofits. De toute manière, les superprofits, il n’y en aura pas de sitôt. Plus de 51/49, non plus… pour les hydrocarbures seulement. En attendant que ces compagnies s’intéressent au gaz de schiste.
Cela se passe ainsi depuis le milieu des années 1980 : il a toujours été question d’après-pétrole, mais l’après-pétrole a toujours été le pétrole. Ce n’est pas maintenant que les conseillers du gouvernement ont découvert le caractère “inoffensif” de la planche à billets que celui-ci va s’embarrasser d’une conversion économique. Il restera fidèle à la valeur de la rente, cette conviction qu’il partage avec les dirigeants de Russie, du Belarus et du Venezuela et pour laquelle ils se concertent assidûment. Ils continuent à partager la même dépendance des évolutions boursières du pétrole parce qu’ils partagent toujours la même illusion que le prix se décide encore dans leurs réunions de cartel.
Trois ans après la fin de l’embellie financière, notre gouvernement expédie les budgets, exercice après exercice, en misant sur le retour du haut prix du baril. Quinze années d’embellie financière mais qui s’avèreront bientôt n’avoir été que quinze années de contre-développement.  L’atterrissage a failli être brutal, n’était cette “géniale idée” (dixit Amar Tou) d’endetter l’État pour parer au plus pressé. C’est curieux qu’un régime qui veut s’éterniser ne sache envisager que le court terme.
Peut-être que, comme Keynes, nos décideurs se disent qu’“à long terme, nous sommes tous morts”.  

M. H.


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