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contrechamp / ACTUALITÉS

Régression : la part de l’université

Un doyen séquestré par ses étudiants saute de la fenêtre de son bureau pour fuir leur violence !
L’université n’est pas seulement un lieu où de savants enseignants instruisent des étudiants assoiffés de connaissance. L’université, c’est aussi un lieu de quête de cette connaissance, une quête collective par laquelle se concrétise l’effet de synergie entre générations, un lieu d’ouverture d’esprit et d’esprit d’ouverture.
Mais qu’a-t-on fait de notre université ? Un espace de trabendisme académique où des enseignants tirent leur épingle du jeu, qui pour gagner son salaire, qui pour grignoter un privilège, parfois en cédant la note ou le diplôme contre toutes sortes de pressions ou de faveurs. Un espace de bricolage pédagogique et scientifique où l’étudiant chasse le diplôme, l’achète, le quémande et, parfois, l’arrache par tous les moyens.
Pour “ne pas généraliser”, comme on ne manquera pas de nous l’objecter, indiquons que, dans ce qui devrait être un lieu de sereine ébullition érudite, survivent, tout de même, quelques universitaires accrochés à la vocation conventionnelle de l’institution : la confrontation des esprits et la quête de connaissance.
Cela fait longtemps que le pouvoir y sème les ingrédients de paupérisation morale et intellectuelle : arabisation à la hussarde, idéologisation islamiste des campus, la démocratisation par la dépréciation. L’université sert de relais à une école fondamentale conçue pour lui livrer des cerveaux préparés à l’ingestion passive de certitudes religieuses, politiques et historiques nécessaires à la formation de générations d’intellectuels apathiques conditionnés à la poursuite d’une carrière linéaire parsemée de ces opportunités matérielles qui, sous les régimes socialistes, gratifient l’engagement docile des cadres.
Le souci de cette démarche est de détourner les jeunesses montantes de ces occupations à potentiel critique et subversif : art, philosophie, histoire, sciences humaines… Et quand ces disciplines sont enseignées, elles sont livrées à l’étudiant en kits de recettes prêtes à l’emploi : il y a “une” histoire, “une” religion, “une” perspective politique... Autant de vérités autoritairement assénées et docilement intégrées par le bon intellectuel qui, malgré sa science, résistera à la tentation “universitaire” de les remettre en cause et… de mettre en péril, lui dit-on, notre authenticité et notre cohésion communautaires.
On entend les mêmes invocations devant un amphithéâtre ou un laboratoire, qu’au sortir d’une mosquée ou d’une kasma. Les “constantes” qui gèrent notre conscience, encadrent notre raison, régissent notre mode de vie et dictent notre historiographie, structurent aussi le discours universitaire dominant.
Les limites de la pensée étant fixées, et faute d’enjeux politiques et moraux, le génie universitaire n’a plus que le plan de carrière pour s’exercer. Et l’étudiant, non plus, n’a plus que son plan de cursus à réussir. Apparemment, et si l’on en juge par les violents incidents qui se multiplient, cela se passe, par endroits, à couteaux tirés. Au sens propre, par moments. En fait, il n’y avait pas de raison pour que l’université échappe au mouvement national de dégringolade.

M. H.


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