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contrechamp / ACTUALITÉS

Religion d’état et violence

Deux imams ont été agressés. L’affaire occupe l’institution du culte depuis un certain temps. Deux imams sur combien ? Sur quelques dizaines de milliers.
Mais combien de chauffeurs de bus, de facteurs, d’agents de bureau, de femmes... sont quotidiennement agressés ?
Rien qu’en se limitant à la violence médiatisée, combien de médecins sont agressés… chaque jour ? Mais le ministre de la Santé n’a pas fait de leur protection une question… d’urgence. Régulièrement, l’État aligne des milliers de policiers casqués et matraque au poing pour tabasser les résidents quand l’idée leur vient de protester dans la rue contre leurs conditions de travail. Fait inédit, les imams, profitant de la médiation du supplice de leurs deux confrères, ont programmé une marche à Alger pour exposer des revendications secrètes qu’ils disent connues par la tutelle. La manifestation, prévue pour le…
5 Juillet, dans un premier temps, a été reportée à une date non
divulguée.
L’occasion nous sera alors donnée, ce jour-là, de voir si les policiers oseront profaner l’intégrité corporelle de nos prêcheurs avec la même facilité qu’ils l’ont fait avec le personnel de la santé. Ce sera un moment de confrontation politique entre science et foi. Pour le pouvoir, la question est tranchée depuis longtemps, mais c’est bien qu’il ait à assumer physiquement son choix.
Cela dit, et pour revenir à l’agression subie par les deux imams, il faut observer que la violence qu’ils ont endurée et la violence qui menace le corps de l’imamat n’est pas le fait de mécréants poussés par leur intolérance à s’en prendre à des hommes de foi. Non, cette violence est l’effet d’une confrontation interne entre courants de même religion. Les mécréants et les croyants laïques ont ceci de pacifiste : ils ne se sentent pas dans le rôle de gardiens du temple. Et n’ayant pas de chapelle à défendre, ils n’ont pas d’ennemi spirituel à agresser. Notre pouvoir, au lieu de restituer la religion à la sphère privée de ses citoyens, a préféré revendiquer le monopole de l’usage politique de la religion : le principe de “religion d’État”, ce n’est que cela.
Il s’est posé en parti dans la confrontation autour de l’islam comme enjeu politique. Un enjeu qui attire d’autres forces. La règle de la laïcité seule peut éviter qu’une personne ou un groupe s’arroge le droit de défendre la vraie religion. Sinon, l’affrontement, parfois frontal, et d’autres fois sournois, se poursuivra jusqu’à ce qu’une vision supprime l’autre. La paix des cimetières. L’espace musulman est truffé de ces conflits qui se superposent, s’entrecroisent, s’absorbent…
La violence se légitimant par l’historiographie religieuse, par les textes et la tradition et par le fait que chacun puisse se proclamer défenseur de la “bonne” foi. Peut-être que la tradition l’impose, mais pourquoi le sermon doit-il s’énoncer sur un ton aussi véhément si l’intention du prêcheur est d’inculquer la valeur de tolérance parmi les fidèles ?
Les imams ont toujours constitué le principal vecteur de légitimation de la violence réputée pieuse ! Si, en plus, on les instruit de formater nos consciences, il ne faut pas s’étonner qu’ils suscitent des vocations qui font que, parfois, l’élève dépasse le maître. Et se retourne contre lui.


M. H.


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1 réactions
afalkou le 09/07/2018 à 17h33

Les policiers ne peuvent pas intervenir contre les Imams représentants de la foi!la peur de l'excommunication et le châtiment divin! En plus, la foi prime sur la loi!

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