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contrechamp / ACTUALITÉS

Religion, politique et conscience

Quelques émois sont parfois suscités par des prêcheurs occupés à baliser nos libertés au nom de la religion.
C’est le cas, cette fois-ci, du dernier web-prêche, chef de file du wahhabisme en Algérie, désigné par le pontificat de Riyad, Ali Ferkous. Il vient d’y excommunier “les défenseurs des droits de l’Homme, les défenseurs des droits des femmes, les démocrates et les militants qui activent pour le rapprochement et l’ouverture entre les religions”. Car, dans la société musulmane qu’il défend, il n’y a pas de place pour le principe d’inviolabilité de la personne humaine, pour l’égale citoyenneté de la femme et de l’homme et pour les autres croyances. Les prôneurs de ces causes sont, donc, exclus de la oumma.
En cela, il ne s’écarte pas trop de la doctrine que prêchent les imams d’autres “sensibilités” islamistes sévissant à travers la télévision et dans les mosquées, ou diffusées par ces prédicateurs auto-désignés et bénévoles qui activent dans les écoles, dans les bureaux, dans les transports publics…
Haro sur “ces ennemis de la foi qui œuvrent, aux côtés des mécréants, pour détruire l’islam puritain”, a donc décrété l’imam salafiste attitré ! Le cheikh pense, ici, aux associations et aux ONG. Mais ces associations qui activent pour les droits et les libertés, qu’elles soient locales ou succursales d’organisations non gouvernementales internationales, ne l’incommodent pas plus qu’elles n’incommodent le pouvoir. La convergence liberticide entre les différentes nuances d’islamisme se prolonge par une confluence avec l’orientation oppressive du pouvoir politique. D’ailleurs, le cheikh Ferkous, visiblement fin diplomate et tacticien averti, n’omet pas d’inclure dans son “post” un petit service au régime en reprochant “aux manifestants et aux grévistes” d’avoir contrevenu aux enseignements de la tradition du “salaf” en n’ayant pas fait preuve de patience envers le dirigeant (le pouvoir) et en se rebellant contre lui.
Les islamismes, au pluriel puisqu’il faut les nuancer, et les autoritarismes partagent la même démarche : contrôler la société en multipliant les interdits et en balisant les mouvements individuels et collectifs. Dans le discours du pouvoir, le concept le plus redondant est celui de “ligne rouge”. Tout est prétexte à tracer des lignes rouges : l’intégrité territoriale, l’unité nationale, la souveraineté populaire, mais aussi, les “constantes” de la nation, les “intérêts supérieurs” et toutes ces notions dont la définition et l’appréciation reviennent, naturellement, au pouvoir et non au citoyen.
Et, pour ne pas abandonner l’usage politique de la religion aux seuls leaders religieux, le concepteur de notre système de pouvoir a pris soin d’intégrer la religion dans les domaines de compétence et de gestion de notre type d’État. D’où cette relation problématique entre l’administration et l’espèce de nébuleuse cléricale dont une partie est institutionnalisée et l’autre débridée et liée à des intérêts politiques et géopolitiques plus ou moins identifiables.
Mais, pouvoir et clergé se retrouvent dans la similitude d’objectif de leurs discours : le contrôle de nos consciences.

M. H.


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