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contrechamp / ACTUALITÉS

Remaniement ou pas remaniement ?

La presse et la rumeur ont fini par avoir leur remaniement. Mais pas celui qu’elles souhaitaient ou pressentaient.
Leur premier visé par les prévisions médiatiques et les posts d’internautes, Ahmed Ouyahia, n’a pas été touché par l’opération, en effet. Ni les ministres promis à la révocation, Benghabrit et Hasbellaoui. Les “partageurs” de “bonnes nouvelles” en ont eu pour leur grade : ils vont devoir boire l’amertume que leur renvoie leur image de tocards du scoop de frimeurs en mal d’exclusivité.
Du coup, et puisque les têtes que nous avons désignées ne sont pas tombées, le remaniement n’en sera plus un. Parce que nous, on voulait “du lourd”, que le remaniement concerne, en plus du Premier ministre, de grands départements, comme l’Éducation et la Santé. Eh bien, non, on n’en est pas encore là : les syndicats, “privés” surtout, même mobilisateurs, ne peuvent pas encore changer les ministres.
Mais le fait est que, formellement, il y a eu remaniement. Un remaniement de consolation, penseront ceux qui, depuis des semaines, se perdaient en conjectures ou en prières. Et pourtant, les secteurs touchés ne sont pas moins importants pour nous, un peu, et pour le pouvoir et sa “stabilité”, beaucoup. Pas besoin de se répandre en démonstrations pour rappeler l’importance qu’il accorde au “ministère du football” dont les performances restent déterminantes au moral des troupes civiles. Le département du Commerce, n’est pas moins stratégique pour un pays de rente qui n’a aucune prise sur ses recettes, qui ne produit pas ce qu’il exporte et qui achète ce qu’il consomme. Le ministre du Commerce y est conçu comme le préposé aux cordons de la bourse, essentiellement vouée aux importations, et passe son temps à serrer-desserrer les lacets.
En ces deux domaines, comme en d’autres, le pouvoir n’a pas l’habitude de formuler des politiques pour ne pas se contraindre à des lignes directrices, fussent-elles de sa propre conception. On peut noter la manière dont il oscille entre la tentation d’une gestion tutélaire du monde sportif et la nécessité d’assumer un fonctionnement autonome du système fédératif. Quant au commerce, il est inutile d’insister sur la valse-hésitation qui caractérise le traitement de questions aussi importantes que celles des subventions, des prix, et de l’encadrement des importations. Ce n’est pas une politique ; c’est une gymnastique.
Le tourisme n’a jamais été qu’un faire-valoir ; le ministre ne fait que compter le nombre de lits —c’est à cela qu’on mesure le développement du secteur en Algérie — et à regarder les walis distribuer des morceaux de ZET et… ouvrir et fermer des restaurants.
Un bon remaniement, c’est un remaniement politique. Mais pour que cela soit, il faut qu’il y ait une politique de gouvernement et des politiques de secteurs. Mais pour faire de la gymnastique avec de la non-politique, la souplesse suffit. C’est pour cela que nos ministres sont interchangeables indépendamment de leurs “visions” et de leurs compétences.

M. H.


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