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contrechamp / ACTUALITÉS

Rente… a car

Le pouvoir a désigné ses dix “monteurs” automobiles préférés. Il va donc les mettre sous protection pour que nul concurrent ne puisse venir les importuner dans leur fructueuse industrie. Une “industrie” sans contrainte technique, puisqu’elle tient plus de l’importation que de la fabrication, une clientèle captive qui devra s’adapter au choix de marque limité qu’on lui impose.
Le gouvernement ne s’explique ni sur le nombre ni sur les critères de sélection des “monteurs” et de leurs partenaires constructeurs. Ce qui est certain, c’est que c’est une part de rente qui vient d’être sanctuarisée au profit d’opérateurs politiquement choisis. Rien que pour les cinq monteurs de véhicules légers, c’est une enveloppe de six à sept milliards de dollars par importation qu’ils auront à partager. Et avec une production de 435 000 unités pour une demande de 500 000 environ, les cinq “constructeurs” élus n’auront pas besoin d’exporter “pour augmenter leur taux d’intégration” comme le prévoit le fameux cahier des charges.
La pratique de la discrimination politique en matière d’autorisation d’investissement et d’importation ne concerne pas le seul secteur automobile. Sauf qu’elle essaie de se faire discrète quand cela est possible. Quand la loi de finances pour 2015 prévoit expressément que la réalisation des portions d’autoroute programmées, des pénétrantes, doit être attribuée selon la règle du gré à gré, quand l’administration bloque un type d’équipements importé par un investisseur pendant qu’un projet identique, visiblement suggéré, d’un concurrent est entouré de toutes les facilitations, quand il est demandé à des entrepreneurs choisis de créer des usines de sucre pour “casser” un soi-disant monopole, ce n’est que la manifestation de ce traitement politique différencié des intervenants économiques.
C’est ce “protectionnisme de coterie” qui explique la manière irrationnelle, instinctive, avec laquelle le pouvoir s’agrippe à la sacro-sainte règle des 51/49 qui paralyse l’économie depuis une décennie. Toujours égales à elles-mêmes, en termes de paradoxe, les autorités algériennes viennent quasiment de fêter les premières exportations de ciment réalisées grâce à une usine de propriété à 100% étrangère, alors même qu’elles se font le chantre d’un développement souverain !
En fait, le régime s’est constitué une espèce de “sélection nationale” d’opérateurs favorisés pour la prospérité desquels la supposée politique économique est conçue. Tous les soubresauts de la “stratégie” de développement sont le résultat de cette soumission de l’économie à l’impératif clanique. Les “pactes sociaux” et autres “chartes”, voire les changements de ministres et de gouvernement, ne sont que des moyens de réalisation des objectifs oligarchiques. Et pour les besoins de la cause, la “tripartite” s’est mue en organe légiférant, dans l’ignorance d’un Cnes dont on commence à oublier l’existence et sous le regard confondu d’un Parlement qui ne sait plus pourquoi il est là.
Et c’est ce protectionnisme rentier qui permet à la tripartite d’ordonner la relance des privatisations… au nom des vertus de la concurrence. Cette histoire de concession automobile éclaire sur le fondement oligarchique de la décision économique en Algérie.

M. H.


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Fraternity le 28/12/2017 à 12h44

Le pouvoir est insaisissable; voilà, depuis plus de 40 ans, qu'il tergiversait sur ses choix pour une industrie automobile, depuis sa fameuse mort née "Fatia" de Tiaret. Comme il est dans une logique de directives et pas d'objectifs mûrement réfléchis; Il persévère dans son échec programmé; En faisant appel à des garagistes, des bétonneurs et des marchands de légumes, convertis du jour au lendemain en industriels d'automobile, pour lancer des points de vente de kits automobiles: quel gâchis!!

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