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contrechamp / ACTUALITÉS

Rente et islamisme : un mariage de raison

Des manifestants ont annulé la tenue des spectacles artistiques à Ouargla, à Boumerdès et dans une commune de Jijel.
Remarquons que lorsque les troupes islamistes veulent empêcher un événement culturel d’initiative locale, ils peuvent le faire avec une facilité déconcertante. Malgré un régime des plus répressifs au monde, nous nous trouvons dans un pays sans État, dès que les islamistes décident de soumettre notre mode de vie à leur diktat. De nos droits, nos dirigeants s’en moquent comme de leur dernière chemise : ce n’est pas à Ouargla, à Boumerdès ou à Jijel que leurs enfants s’amusent ou se cultivent.  
En quoi cela dérangerait donc le pouvoir qu’une partie de la société adepte de charlatanisme, de contrebande et de fausse dévotion s’en prenne à cette partie de la société qu’une note de musique ou un pas de danse peut encore émouvoir ? Lui-même est déjà converti à l’affairisme bigot qui a réussi à tout concilier : de l’activisme religieux à la pratique politique, en passant par l’administration, la sécurité, l’économie, le commerce. Et même le sport et la culture ! Les scandales nous renseignent sur les effets de cette réconciliation tous azimuts et sur la productivité de la collaboration multisectorielle qu’elle a insufflée.
La société est mûre pour assumer sa régression fanatique. Le moindre mot d’ordre obscurantiste mobilise la masse. Aujourd’hui, ce sont les galas de chanteurs ; demain, ce sera la conférence d’un intellectuel non homologué par le vigile local. Les années 1990 n’ont été d’aucune utilité pédagogique. Ou alors on s’en f…  Les officiels craignent d’entrer dans une guerre contre une idéologie ; et comme gage de leur disponibilité, ils s’inspirent des prêches rigoristes pour conformer leur discours à la bigote pensée dominante. Le régime algérien affiche son apparence républicaine à l’intention du libéralisme internationalement dominant et se plie à la norme prescrite par l’islamisme conquérant. C’est ce qui donne cet amalgame de république dégénérée et de théocratie inachevée qui règne sur une société écartelée entre sacré et séculier, entre science et dogme, entre droit positif et charia, entre patriarcat et égalité des sexes, entre bikini et burkini…
Pour ne pas avoir à assumer un choix de société, il abandonne la société à sa guerre. Le tout est, pour lui, d’éviter de compromette sa “stabilité” en affrontant l’intégrisme belliqueux, surtout pas pour défendre une minorité libertaire qu’il sait non violente.
Pour poursuivre ses affaires, le régime a contracté un mariage de raison avec l’islamisme. Et nous, la société hors la caste, nous en sommes la dot. En échange, l’islamisme s’occupera de réprimer les “luxures du pauvre” : les filles en maillot de bain, mais pas celles du Club-des-Pins, les concerts, mais pas ceux de la Coupole, les bistrots, mais les estaminets pour gueux, pas les bars à cocktails du tout-Alger. Alors ceux qui veulent encore “sclater” dans l’Algérie du cinquième mandat savent où ils doivent aller : dans cette “l’Algérie utile et privée” que le pouvoir protège encore.


M. H.


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