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contrechamp / ACTUALITÉS

Rentrée : entre programme et incertitudes

“Faites votre travail, mais laissez le Président tranquille !”, a tonné Ould Abbes à l’endroit des journalistes. Parce que, dans la conception du secrétaire général du FLN, ce n’est pas la tâche des journalistes de solliciter le chef de l’État, et faute de répondant, de s’enquérir de sa situation !
Et comme pour témoigner d’une campagne concertée pour mettre fin au débat sur l’état physique du Président, les deux présidents de Chambre ont ouvert la session parlementaire de l’année en réfutant la question. Rentrée politique sous le signe d’un bulletin de santé positif donc. Même le chef d’état-major de l’armée est intervenu pour rappeler son caractère républicain sans que quelqu’un lui ait demandé, en tout cas pas publiquement, de régler cette question de possible vacance. Ce serait le comble de revendiquer l’application de la Constitution par des méthodes anticonstitutionnelles !  Ce tir groupé de gros calibres est supposé faire cesser les insinuations et les interpellations indésirables autour du fameux article 102 de la Constitution.
Beaucoup de fonctions sont en suspens dans le pays. Mais les principaux responsables politiques s’agacent quand même d’entendre une opinion populaire, quelle que soit son ampleur, se demander où est passé le Président. Ould Abbes, au lieu de se réjouir de voir les citoyens exprimer encore leur inquiétude par les médias, s’en irrite, préférant, peut-être, les voir sortir dans la rue pour réclamer leur premier dirigeant. Les mêmes responsables s’irritent encore plus lorsque des voix de l'opposition s’élèvent pour demander, devant ce qui, à leurs yeux, s’apparente à une situation de vacance, l’application de la procédure prévue par la Constitution en pareil cas. Pourtant, les interrogations que suscite un fonctionnement institutionnel chaotique ne sont pas infondées. Nous venons de passer un été riche en manifestations d’instabilité institutionnelle : un Premier ministre consulte pour former un gouvernement mais, finalement, cède la place à un successeur qui, d’emblée, commence à mettre en œuvre un programme prenant le contrepied de la pratique politico-économique de son régime ; ce même Premier ministre est destitué sans ménagement pour être remplacé par un habitué de la fonction. Pendant toutes ces péripéties, dont les fondements relèvent des secrets de sérail, et jusqu’à la commémoration du 20-Août, la communication présidentielle, prenant parfois des voies improbables, se limitait à nous informer de qui est promu et qui est déchu, sans plus d’éclaircissements sur les raisons de ces retournements de situation dans une maison réputée fermement tenue.
Si l’on comprend bien, et depuis l’avènement d’Ouyahia, le propos est de repartir dans la routine qui a marqué le long fleuve tranquille des quatre mandats. Comme si de rien n’était. Avec seulement la contrainte de devoir pallier la diminution des ressources du budget. Pendant que le gouvernement s’attelle à mystifier et à tergiverser pour contourner les problèmes de finances, se passeront un Conseil des ministres, une déclaration de politique générale devant l’Assemblée, une tripartite. En attendant les élections locales.
Cela, c’est ce qu’on sait. Ce qu’on ne sait pas, c’est tout le reste.


M. H.


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