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contrechamp / ACTUALITÉS

Révolution et unité nationale


C’est l’image la plus révoltante de la pratique que le cerveau de votre serviteur a archivée. Celle de la population d’un lieudit accueillant une autorité venue en visite dans son bourg, son village, son hameau... Ce tableau, subtilement immortalisé par Carnaval fi Dechera, résume à lui seul l’état d’assujettissement dans lequel le pouvoir, qui a occupé le pays après le départ de l’administration coloniale, a voulu maintenir le peuple. Et pour y arriver, il fallait aussi qu’il maintienne les chefs locaux dans un état de totale servilité. 
Les scènes sont courantes : arrivée tonitruante d’un cortège de véhicules de standing entouré de toutes sortes de corps de sécurité ; accueil en fanfare avec musique folklorique, oriflammes étendues sur l’itinéraire officiel, écoliers alignés en bords de piste… Puis, ce beau monde met pied à terre dans une fébrilité que justifie le caractère “sensible” de la personnalité escortée. Le “responsable”, flanqué de collaborateurs, de sous-responsables, d’agents de sécurité et autres estafiers, reçoit les honneurs dus à son statut avant de procéder à l’inauguration de la “réalisation” accomplie. Celle-ci sert à prendre à témoin les habitants du coin sur leur chance d’avoir des dirigeants si bienfaisants !
Quand on voit les habitants de Tabarbart, petit hameau au sud du Sud, chahuter la visite d’un ministre, on est ahuri de l’effet libérateur du mouvement populaire. Cette forme de révolte était inconcevable dans une société qui, jusqu’ici, semblait percevoir le pouvoir, central notamment, comme une autorité extra-puissante, évitant de se mêler du domaine ésotérique de la politique et s’en remettant à ses dirigeants protecteurs. Au mieux, la société profonde savait se plaindre. Du moins le croyait-on. 
C’était le temps béni du FLN, parti unique. Le FLN, sigle politique de la Révolution, se confondait alors avec le pouvoir d’essence militaire, et les deux, pouvoir et parti, se confondaient avec l’État. Un État tuteur manié par des chefs politiques intouchables. 
Le mouvement populaire pacifique, comme mouvement de réappropriation de la dignité citoyenne, a déchu nos responsables de leur légitimité usurpée. Face au peuple, même les notables “larbinisés” de province ne peuvent rien pour eux : le mouvement a restitué sa souveraineté au citoyen “de base”. Au moins psychologiquement.
Tabarbart semble si lointaine quand on regarde la révolte de sa ville de résidence. Et pourtant, ce hameau du désert prend toute sa part dans une résurrection nationale d’une continuité géographique peut-être jamais observée dans un mouvement sociopolitique ! L’intrusion — pacifique — le même jour de citoyens de Chlef dans une réunion locale du panel, la manifestation d’autres citoyens devant la prison d’El-Harrach et sur une place de Béjaïa donnent encore plus de sens à cet événement survenu dans une oasis de la wilaya de Tamanrasset. Le mouvement ainsi territorialement démocratisé constitue, en même temps qu’une révolte, une affirmation d’unité nationale. N’en déplaise à ceux qui misent sur la division !
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr

 

NB : Dans la chronique de jeudi dernier, l’auteur a omis un mot (le “pas” de la négation) dans la dernière phrase. Il fallait lire : “Mais pas au prix de compromettre ce qui nous restait d’indépendance, espérons-le”.


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