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contrechamp / ACTUALITÉS

Révolution et volonté populaire

Ce n’est pas la mission du panel qui arrive à son terme ; c’est son existence. Les plus endurants de ses animateurs ont tenu jusqu’à la fin ; les autres ont déserté en rase campagne et même sur la dernière ligne droite, comme l’a fait l’ex-ministre Derouaz. 

“Mission accomplie !”, s’est écrié l’ami Belhimer, avant même d’atteindre la ligne d’arrivée, visiblement bienheureux d’avoir ramé jusqu’à ce que le rivage fût en vue. Boudée par le peuple manifestant parce qu’il ne trouve pas matière à négocier autour d’une élection dont il rejette l’opportunité, mais déconsidérée aussi par le pouvoir qui lui a refusé d’y sacrifier le moindre geste de bonne volonté, c’est une vaine “mission” qui prend fin. Le panel lui-même s’efforce d’en précipiter la clôture, l’amputant de la conférence nationale de dialogue et réduisant son rapport à deux projets de loi. À moins qu’il n’y fût poussé par une autorité impatiente de passer à autre chose et de hâter l’organisation de ses élections “dans les plus brefs délais”.
Si le panel n’a finalement discuté ni avec le hirak ni avec le pouvoir, entre qui et qui aurait-il exercé sa médiation ? Entre lui et les multiples organisations de masse et nanopartis et les politiciens vacataires que le régime ressuscite à chaque fois qu’il en a besoin pour parer au rejet populaire de son personnel politique attitré ?
Hasard de l’histoire, le premier vendredi de la rentrée est survenu en cette période où le “dialogue” connaissait son épilogue, annonçant, par l’ampleur des manifestations, une relance du mouvement populaire et explicitant, une fois de plus, le rejet citoyen massif d’une élection présidentielle avant que les institutions ne soient soustraites au contrôle de l’ancien régime. Certes, le discours officiel, trempant délibérément dans le déni de réalité, énonce que l’option électorale est requise par le peuple. Mais que seraient ces millions de marcheurs pacifiques qui, un jour par semaine, deux pour certains, sortent revendiquer pacifiquement une rupture préalable à tout processus électoral ?
Pourtant, il suffit d’observer que le soutien le plus enthousiaste à ce projet d’élection présidentielle et au dialogue dont il est l’objet provient en priorité des partis de la bande et d’autres appareils liés à la gestion de la rente et  dont l’avenir est directement dépendant de la survie du régime, comme l’UGTA, le Parlement, etc. Le panel a eu beau refuser de discuter avec les structures et les personnalités visibles ayant contribué à la pérennité du régime dégénérescent, mais ceux-ci persistent dans leur soutien ostensible à ce dialogue et aux élections qu’il préconise. Parce que, derrière les mots, ils reconnaissent les leurs.
C’est tout de même fort de café de la part des politiciens mafieux qui ont survécu à l’effondrement de leur régime qu’ils veuillent mettre un pied dans le processus post-hirak alors même qu’ils ont déjà un pied en prison. Ils tentent contribuer à une restauration de régime qu’on veut conduire au nom du peuple !

Or, c’est contre cette pratique consistant à formuler la volonté du peuple à sa place que ce peuple s’est levé. Et, cette fois-ci, il y a des signes montrant qu’il ne compte pas fléchir.


M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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