Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

Révolution : l’épreuve d’endurance

Ce vendredi, les Algériens sont encore sortis partout et en masse. Dans certaines villes, comme Bouira, Bordj Bou-Arréridj et d’autres sûrement, les rassemblements ont connu des records d’affluence. Ainsi, en fin de journée, dans tout le pays, se répandait un sentiment de soulagement : le mouvement n’a pas perdu de sa vigueur.

Semaine après semaine, le peuple est sommé de prouver l’inaltérabilité de sa résolution et de sa mobilisation. En même temps que sa détermination, c’est sa patience qu’on teste. Chaque week-end, le pouvoir vérifie si la dernière concession n’a pas encore suffi à le contenter ou au moins à altérer la cohésion de son mouvement.  
Celui-ci a progressivement pris l’allure d’un bras de fer entre le peuple et le pouvoir. Dès la deuxième semaine de manifestations, le régime s’est ingénié à réagir par de fausses réponses à la vraie question posée : celle d’un changement du système politique qui encadre la gestion du pays depuis son indépendance par un système cette fois-ci conçu par le peuple et qui garantira sa participation effective à la définition du projet national.
Confronté à cette insurrection massive, résolue, pacifique et méthodique, le régime a joué la carte tactique. Au bout de deux semaines d’observation et une mobilisation qui allait en se confortant, il a commencé à faire des concessions de forme. Puis à attendre, chaque vendredi, la réponse populaire au coup joué la semaine d’avant. Et comme le choix de la voie pacifique de contestation l’exige, le peuple répond invariablement par une mobilisation et une discipline accrues avec des slogans qui rappellent sans cesse sa revendication explicite de rupture avec le système. 
Dans cet échange, ce sont les citoyens qui sont soumis à la pression du temps et qui sont contraints à la persévérance et, parfois, au doute. En chemin vers le lieu de rassemblement hebdomadaire, ils s’interrogent tous les vendredis : serons-nous encore assez nombreux pour attester de la constance de notre engagement ?
Une fois le projet de cinquième mandat, déclencheur de la révolte nationale, conjuré, le régime s’en est remis à l’autorité militaire. En recourant à l’article 102 pour contraindre Bouteflika à l’abdication, l’armée a fixé un cadre formel à la solution de la “crise”, fixant tacitement les limites de la “rupture”. Même si en même temps, le général Gaïd Salah a laissé la porte ouverte pour une évolution vers un changement de paradigme institutionnel en invoquant les articles 7 et 8, ceux-ci pouvant légaliser un dépassement de la situation née de la démission du Président.
Mais en même temps, le double réflexe de répression, de manipulation et de répression qui caractérise le rapport du régime à l’expression citoyenne se manifeste à nouveau. Dans ce sens, on observe des signes qui ne trompent pas : circulation bridée à l’entrée d’Alger le jour de manifestations, arrestation de journalistes… Structurellement, l’état-major semble prioritairement engagé dans une restructuration profonde des services de sécurité de l’armée.
Le prochain vendredi, les Algériens sortiront manifester alors qu’ils ont un président et un gouvernement issu du régime Bouteflika. C’est dire qu’il reste tant à faire !


M. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER