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contrechamp / ACTUALITÉS

Révolution politique ou laboratoire politicien ?

Le pouvoir déploie les grands moyens pour marquer sa contribution à l’exploit souhaité de l’équipe nationale de football en Coupe d’Afrique des nations. Mais quel que sera le résultat sportif, il a déjà perdu le match politique ; les performances de l’équipe et des joueurs, même si les efforts logistiques du gouvernement y contribuent, sont sans effet sur l’attitude générale des supporters des Verts. Et donc sur la révolte populaire. La partie la plus inflexible du peuple manifestant se compte parmi les jeunes militants politiques de toutes tendances, les étudiants non affiliés aux associations téléguidées et… les ultras des tribunes et virages des stades. Nous en oublions peut-être, mais le fait est que, loin de réduire la ferveur révolutionnaire de la jeunesse, la progression du onze algérien dans le tournoi continental galvanise la revendication. Le tournoi soutient la révolution au lieu de l’émousser.
Tant mieux que l’aventure sportive bénéficie des meilleurs moyens de l’État ! 
Après tout, un peuple, qui, depuis bientôt cinq mois, affronte une fois par semaine — voire plus pour certaines catégories de manifestants — le jeûne, la soif, la canicule, la privation des transports publics et la répression, aura mérité ce cadeau de la CAN s’il le décroche.
Avant de s’emparer de cette occasion sportive, le pouvoir avait expérimenté bien d’autres moyens de contenir la revendication citoyenne. 
Après l’épreuve de la répression-manipulation à caractère identitaire, le pouvoir a tenté l’étouffement physique, en installant des barrages sur le chemin des manifestants et en confinant les marches dans des allées étriquées par des haies de fourgons de police. Vous voulez marcher ? 
Alors vous marcherez sous oppression physiologique !
C’est ce genre d’épreuves, relevant insidieusement du châtiment, qu’un pouvoir, censé “accompagner le peuple” dans sa revendication de changement de système, inflige plusieurs fois par semaine aux manifestants, en particulier dans la capitale.
On peut noter le contraste entre les deux formes d’“accompagnement” : la mobilisation de moyens pour la kermesse sportive réputée apolitique, mais dont il espère des dividendes de popularité, d’un côté, et la débauche de moyens pour rendre la vie dure au même peuple lorsqu’il sort crier son désir de libération politique, de l’autre.
Le régime n’a négligé aucune arme pour réduire le mouvement populaire dans son ampleur et dans sa détermination : l’arme identitaire, le marketing populiste, la répression policière et judiciaire… sans que la vitalité du hirak, qui résiste d’abord au temps, en soit affectée. Il a même essayé des formules de tutelle sur le hirak, mais elles ne lui paraissent pas si prometteuses puisque la Présidence est sur le point de proposer une nouvelle expérience de “panel de médiation”, dont Karim Younès est le premier membre déclaré.
Par déni de réalité, le pouvoir est en train de multiplier les manipulations d’arrière-boutique. Des essais aux résultats incertains. Pourquoi un pouvoir qui souhaite une solution “dans les plus brefs délais” perd-il ainsi son temps à faire d’une révolution un laboratoire ?
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr 


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