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contrechamp / ACTUALITÉS

Révolution : virage dangereux

Comme le professeur Laradj Slimane n’est pas venu nous faire l’interprétation du dernier discours de Gaïd Salah, il va falloir se débrouiller seuls, le chroniqueur comme le reste de la profession. Surtout que l’affaire se complique avec ces discours à deux temps !

Mais sans être exégète de haut vol, chacun aura compris que si le chef d’état-major se dit toujours engagé à “accompagner le peuple et les institutions de l’État durant cette étape cruciale de l’histoire de notre pays”, depuis hier et avant-hier, il se dit moins convaincu de sa spontanéité. “Cette crise (…) a été inventée dans le but de semer les graines de la déstabilisation en Algérie, en créant un environnement propice au vide constitutionnel”, soutient-il.
Les manifestations massives qui se déroulent sur l’ensemble du territoire et parmi les Algériens de l’étranger depuis deux mois et demi seraient donc l’effet d’un complot contre la stabilité nationale et non l’expression d’une revendication populaire spontanée !
Pourtant, on croyait que si ce mouvement était “accompagné” et “protégé”, c’est parce que ses revendications sont populaires, jouissent d’une réelle pertinence et traduisent une aspiration partagée des Algériens à une nouvelle république !
Toujours attaché à la solution constitutionnelle, le général Gaïd Salah se dit maintenant “entièrement convaincu qu’adopter le dialogue constructif avec les institutions de l’État est l’unique moyen pour sortir de la crise, étant conscient que le dialogue est l’un des moyens les plus civilisés et les plus nobles dans les relations humaines et la voie la plus judicieuse pour présenter des propositions constructives, rapprocher les points de vue et atteindre un consensus autour des solutions disponibles”. 
Mais le peuple, qui veut prendre ses affaires en main, fait des “propositions constructives” et a des “points de vue rapprochés”. Et le consensus sera plus accessible entre représentants du peuple qu’entre eux et le régime. 
Mais le vice-ministre de la Défense trouve que “l’ensemble des dispositions jusque-là prises a suscité un consensus national que nous avons perçu à travers les slogans scandés lors des marches à travers différentes wilayas du pays, à l’exception de certaines parties qui rejettent toutes les initiatives proposées et œuvrent à semer les graines de la discorde en conformité avec leurs intérêts étroits et ceux de leurs commanditaires”. Le mouvement serait infiltré par “des intérêts étroits”… qui refusent la négociation avec les autorités constitutionnelles.
Peut-être s’agit-il de ces “arrivistes” et “opportunistes” que Gaïd Salah dénonce et qu’il ne voit donc pas prendre part à la solution de la crise.
Pourtant, le principe, pour un peuple, c’est de délibérer, par représentants légitimes interposés, pas de négocier avec une autorité illégitime dont il veut se défaire.
Sinon, il n’y a qu’à revenir au statu quo ante sans Bouteflika. D’ailleurs, le FLN s’est remis en marche, le RND bientôt, l’UGTA s’y attelle et d’autres anciens appareils ne manqueront pas de ressusciter. Et maintenant assainis, disent-ils ! Le MPA s’est déjà proposé pour accompagner le hirak ! Tenez ! Le MSP n’a pas perdu de temps pour réagir au discours du “dialogue”, spécialité de l’opposition parasitaire… Où est l’opportunisme ?
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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