Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

Scène politique militarisée et “État civil”

à intervalles rapprochées, des répliques viennent prolonger le communiqué du ministère de la Défense dénonçant et menaçant les officiers supérieurs à la retraite qui interviennent sur la scène politique.
Après s’être fait insistant dans sa volonté de décrédibiliser leur expression, en général, et celle du général Ghediri, en particulier, Gaïd Salah donne maintenant l’impression claire, comme hier à partir d’Oran, d’être en campagne pour la… stabilité et le respect de la Constitution. Une Constitution dont le respect signifie la légitimité de la candidature de l’actuel Président et la tenue à échéance légale du prochain scrutin. Et une “stabilité” qui, à force d’être associée au déni de changement politique et à l’éloge de “réconciliation nationale”, est devenue synonyme de continuité.
Ces mises en garde signifient-elles que le pouvoir est convaincu, voire assuré, que l’obstacle qui pourrait se dresser devant le 5e mandat vient de ces milieux qui, sans être explicitement désignés, sont ouvertement mis à l’index ?
Quels sont ces intentions et leurs auteurs ? Mystère. Pour l’heure, et hormis quelques interventions médiatiques, il n’est pas publiquement question d’un projet politique ou d’une candidature
portés par des militaires. D’ailleurs, la question se pose de savoir
si un officier supérieur, qui, au vu de la loi telle qu’interprétée par le MDN, n’aurait pas le droit à la parole politique, pourrait tout de même présenter sa candidature à la Présidence !
Fait inédit dans la vie politique nationale, cependant : à trois mois de l’élection, c’est la voix de l’armée qui se fait la plus assidue et la plus retentissante dans le commentaire de la vie politique. Comme à son habitude, le chef d’état-major de l’ANP multiplie les sorties sur le terrain ponctuées d’allocutions abondamment médiatisées. Mais des allocutions qui, ces derniers temps plus qu’avant, désertent souvent le cadre de la défense nationale et traitent de questions résolument politiques, voire électorales. Étrange scène publique ! L’opposition y est depuis longtemps laminée par le verrouillage des espaces d’expression, par la désagrégation de ses bases sociales et militantes sous l’effet décrédibilisant de ses compromissions tactiques et par le rejet méprisant que le pouvoir réserve toujours à ses propositions. Sans les manœuvres du rusant Makri et les radicalisations passagères et circonstancielles de Louisa Hanoune, il n’y aurait plus que les formations de soutien au pouvoir à occuper la place. Mais non, même les partis de l’alliance se sont contraints au silence depuis l’échec de la formule teintée de “continuité sans vote” ; elles ont, une ultime fois, appelé à la candidature de Bouteflika, puis se sont silencieusement mises en mode attente. Voilà donc quelques jours que, dans une précampagne singulière, l’armée se retrouve seule à animer un débat public réduit à une énigmatique explication entre chef en activité et officiers rendus à la vie civile.Curieux retournement de situation pour un pouvoir dont l’une des prétendues réalisations est d’avoir transformé le système algérien de pouvoir militaire en un “État civil”.


M. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER